C’était en avril dernier. Alors que la Belgique était confinée et que les frontières étaient fermées, deux policiers français de la Direction centrale de la Police aux Frontières (PAF) - une unité de la police nationale chargée de contrôler l’immigration et les frontières en France - étaient photographiés en train d’acheter d’importantes quantités de tabac dans un commerce situé à la sortie d’autoroute Hensies-Pommeroeul, côté belge.

Un achat qui n’avait pas fait sourire les citoyens et transfrontaliers privés de passer la frontière si le déplacement n’était pas jugé essentiel. Six mois après la publication de ces photos, nous avons tenté de savoir quelles suites avaient été apportées à ce dossier. Les policiers ont-ils été sanctionnés et si oui, comment ? Le cas échéant, pourquoi ne l’ont-ils pas été alors que selon nos informations, ils n’étaient pas en Belgique dans le cadre de leur fonction ?

Pour répondre à cette question, nous nous sommes naturellement tournés vers le service d’information et de la communication de la police nationale (SICoP). La réponse apportée est aussi surprenante que décevante. En effet, le SICoP s’est borné à répondre que "la direction de la police des frontières rendait un avis défavorable à notre demande d’informations." En d’autres termes, aucun commentaire ne sera fait et il ne nous sera pas possible d’en savoir plus.

Si on peut comprendre que la police française soit embarrassée à l’idée de communiquer officiellement sur ce cas, le message envoyé reste pour le moins troublant. Alors que n’importe quel citoyen aurait été sanctionné s’il avait franchi la frontière pour l’achat de quelques cigarettes, rien ne garantit à ce jour que les policiers aient été logés à la même enseigne. La déontologie, au minimum, aurait dû pousser en ce sens.

Ce possible deux poids, deux mesures laisse en tout cas sceptique à l’heure où des efforts importants sont toujours demandés aux citoyens et où l’exemple doit venir de ceux qui font appliquer les lois.