Le spectacle fait peine à voir, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que Bernadette Thésin est victime du passage de sangliers dans sa propriété, situé rue Jean Lenoir à Sirault. Les animaux ont littéralement labouré son jardin, ne laissant intactes que quelques rares carrés de pelouse. La septuagénaire a multiplié les contacts pour trouver une solution mais ses tentatives sont restées vaines.

"Ils sont passés au moins cinq fois en trois semaines", explique Bernadette. "J’ai décidé de publier la photo sur les réseaux sociaux pour que chacun prenne conscience des dégâts provoqués par le passage de sangliers. Certains ont compris ma démarche, d’autres se sont montrés plus virulents, estimant que la nature reprenait ses droits sur l’homme et lançant que je n’avais qu’à déménager si je n’étais pas prête à accepter les nuisances inhérentes à la vie à la campagne."

Si la Siraultoise tente de relativiser, elle regrette de ne pas trouver d’aide auprès des autorités compétences. "Au moins six jardins de la rue ont été visités. J’ai pris contact la commune, laquelle m’a précisé que des plaintes similaires étaient enregistrées dans tous les villages de l’entité. On m’a dirigé vers un service environnement, du côté de Mons, qui m’a conseillé de me tourner vers les chasseurs."

Des chasseurs qui, visiblement, ne disposent plus des autorisations requises pour réguler les populations de sangliers du côté de la forêt de Stambruges. "Un voisin a pris contact avec les chasseurs, qui ont dit que les battues n’étaient plus organisées depuis des années de ce côté du territoire… Ce qui explique la prolifération des groupes, beaucoup trop nombreux aujourd’hui. Mon habitation étant située à proximité d’un champ et de la forêt, elle est une cible idéale."

Désappointée, la septuagénaire n’a eu d’autres choix que de chercher elle-même des solutions. "Mes enfants sont venus renforcer la clôture et ont replacé un piquet entre chaque piquet existant, tiré un fil barbelé au niveau du sol et acheté un treillis notamment composé de fil électrique. S’ils passent encore, c’est qu’ils ont des ailes !" Lors de leurs premiers passages, les sangliers avaient visiblement profité d’un jour de 10 centimètres le long de la clôture.

"Personne n’est mort ni blessé, je ne vais donc pas pleurer, je suis consciente qu’il y a toujours plus grave. Mais je vous assure que je n’ai pas rigolé en voyant l’état de mon jardin, dont je prends encore soin. J’ai la chance, à 74 ans, d’être en bonne santé. La première fois qu’ils sont venus, j’ai passé 8 heures à genoux pour le remettre en état. Mais je ne peux pas le faire une seconde fois." Bernadette peut heureusement compter sur l’aide de ses jeunes voisins, occupés depuis deux jours à aplanir tant bien que mal son jardin.