La commune de Saint-Ghislain est bien décidée à avancer et à, enfin, offrir une nouvelle vie à l’ancien terril 33. Ce lundi soir en effet, le conseil communal a décidé, à l’unanimité, de désigner un bureau d’étude chargé d’élaborer un schéma d’orientation locale (SOL), un rapport d’incidences environnementales et une analyse de l’état des sols. Devenu propriété de la commune sous la volonté du bourgmestre Victor Cornez, le terril a été source de tracas pendant de longues années.

"Il y a un an et demi, nous apprenions que c’était à la ville d’introduire l’étude de caractérisation", explique Daniel Olivier (PS), bourgmestre. Cette dernière devait permettre aux autorités de mesurer l’ampleur de la pollution du site. "Six millions d’euros étaient alors nécessaires pour procéder à sa dépollution, ce qui nous a rebuté puisque c’était plus que la valeur du terrain !" Aujourd’hui, les choses ont changé.

En effet, pour accueillir des entreprises, les contraintes sont moins nombreuses que s’il s’agissait d’accueillir du logement. "C’est justement ce que l’on vise : l’accueil de PME, le long de la rue de Marionville. Une très petite partie du site pourrait être consacrée au logement, du côté de la rue Olivier Lhoir, tandis qu’une zone tampon devra être maintenue à proximité de la zone Natura 2000. Nous ne savons pas encore ce qu’il sera possible d’y développer."

D’où l’étude, prochainement confiée à un aménageur de territoire. "Une fois que nous y verrons plus clair, nous pourrons avancer et désigner un géomètre-expert pour procéder à la vision du site en trois zones. Nous avions, dans un premier temps, pensé confier le développement du terril 33 à IDEA ou Igretech, en tout cas à une intercommunale qui aurait été en mesure d’aller chercher des subsides auprès de la Région wallonne. Mais qui dit subsides dit contraintes."

Et des contraintes, la ville espère ne pas avoir à en imposer trop. "C’est souvent le problème : les contraintes, les critères sont tels que certaines entreprises abandonnent l’idée de venir s’installer à Saint-Ghislain. En gardant la mainmise sur le dossier, nous avancerons comme nous l’entendons." Selon le bourgmestre, pareille démarche s’est déjà vue du côté de Tournai. Bref, les choses devraient bouger rapidement.

"Ce n’est pas encore pour demain, beaucoup d’étapes devront encore être franchies mais il ne faudra plus des années pour que cela soit concrétisé. C’est par ailleurs un projet qui arrive au bon moment : le zoning de la Riviérette est plein, et l’on peut supposer que dans le cadre de la relance économique, de nombreux investisseurs se montreront intéressés par une parcelle. De nouveaux métiers d’avenir tenant compte de la transition climatique, énergétique, numérique devraient voir le jour…"

Et à Saint-Ghislain, on se dit donc prêts à les épauler.

© D.R.