Le projet n’a pas encore vu le jour que déjà, une levée de boucliers s’organise, pétition à l’appui. Dans les prochains mois si les permis sont accordés, un vaste champ de panneaux photovoltaïques flottants pourrait en effet voir le jour sur un plan de Tertre, à la rue Hamaide. Au total, ce ne sont pas moins de 32 720 panneaux qui pourraient être installés sur des flotteurs. Sept modules d’ondulateurs et sept transformateurs sont également prévus. Du côté des riverains, on s'inquiète des nuisances sonores, visuelles et de l'impact d'un tel projet sur l'environnement.

"C’est une technologie qui existe depuis déjà un moment mais qui est pour l’instant surtout déployée dans les pays d’Asie parce que les surfaces disponibles pour l’installation de panneaux photovoltaïques sont moins nombreuses, parce que la densité de population est plus importante ou parce que les reliefs montagneux ne le permettent pas", explique Pierre Mat, fondateur de la SCRL Tertre Innovation Solaire (TISOL).

"L’avantage de ce genre de projet, c’est que l’on n’utilise pas le sol et qu’il n’y a donc pas de conflit d’usage des terres pour l’agriculture ou l’industrie. À Tertre, les panneaux seront installés sur une ancienne sablière qui est en fin d’exploitation depuis 2006 et qui n’accueillait plus que quelques activités de pêche. L'étendue d'eau est donc artificielle et n’est utilisée ni pour des activités nautiques, ni de loisirs. Ce n’est pas non plus un problème d’un point de vue biologique car seul le silure, un poisson carnassier, y est répertorié."

Par ailleurs, l’administrateur-délégué précise que des mesures seront prises pour justement enrichir cette biodiversité. "Des hirondelles de rivage sont présentes aux alentours du site mais il y a très peu de lieux de nidification pour cette espèce indigène. Nous prévoyons donc la construction d’un mur qui sera dédiée à cette nidification. Nous serions ravis d’être accompagnés par des associations pour mener à bien cet aspect du projet."

Un projet qui, s’il venait à être concrétisé, couvrirait la consommation électrique de quelque 4400 foyers. "Nous nous attendions à des réactions, c’est toujours le cas dans ce genre de dossier. Mais aller vers une énergie plus durable est aujourd’hui indispensable et en l’occurrence, notre projet n’a aucune conséquence sur l’environnement. Au bout de 25 ans – durée de vie moyenne – tout est démantelé et le site retrouve son état initial."

L’enquête publique suit désormais son cours. Si le permis est accordé, il faudra compter entre 9 et 12 mois de planification (étude d’ancrage, de conception, commande du matériel et installation). Les panneaux ne seront probablement pas opérationnels avant 2022 donc.