La troisième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a réformé, mardi, à l'unanimité, un jugement du tribunal correctionnel de Mons qui avait acquitté Infrabel pour une prévention de coups et blessures involontaires par défaut de prévoyance et de précaution. Le 24 janvier 2011, un habitant de Boussu était grièvement blessé en essayant de rattraper son chien, entré dans une cabine électrique à haute tension appartenant à la SNCB, et gérée par Infrabel, sur le site de la rue de la Corderie à Boussu. En tentant de récupérer son animal de compagnie, le jeune homme a été électrocuté. Soupçonné à tort d'être voleur de câbles, il a été amputé des deux avant-bras.

À l'unanimité, la cour a prononcé la suspension du prononcé de la condamnation. Sur le volet civil, la note s'élève à plus de 300.000 euros pour Infrabel. Il s'agit d'une somme provisionnelle, car la cour a désigné une médecin légiste.

Lors de l'audience, le magistrat du parquet avait constaté un certain laxisme dans la gestion d'Infrabel qui, après un incendie qui a ravagé cette cabine électrique le 18 août 2010, ne s'était pas pressée pour sécuriser la cabine située dans l'ancien atelier de traction diesel, propriété de la SNCB, alors que ce site était régulièrement traversé par des promeneurs.

"Les responsables de la sécurisation du site sont clairement informés du danger depuis l'incendie du mois d'août 2010. Un rapport interne l'atteste. Il y avait une obligation de sécurisation urgente de la cabine mais ces travaux provisoires n'ont pas été faits. Il y a eu de la lenteur dans la commande du matériel et de la lenteur dans le suivi des travaux. Il y a eu donc un défaut de prévoyance et de précaution, la culpabilité et la responsabilité d'Infrabel doit être retenue", avait déclaré l'avocat général dans son réquisitoire.

Les avocats des parties civiles, Me Cornille et Me Balsarini, avaient dénoncé l'immobilisme de la société Infrabel et la coutume du système D.