Ce sont des faits dramatiques qui se sont déroulés dans une habitation de la rue Paul Pastur, à Quarergnon, dans la nuit de samedi à dimanche, aux alentours d’une heure du matin. Selon nos informations, un jeune d’origine Kurde a été littéralement passé à tabac dans son propre appartement par un groupe "composé de six à huit personnes", visiblement d’origine turques.

L’altercation trouverait son origine dans une publication Facebook "qui n’aurait pas plu." Une véritable expédition punitive aurait alors été mise sur pied. "Le jeune Kurde a le crane fracassé, de gros hématomes et le visage déformé", nous raconte une proche de la victime. "Il a énormément de chance d’être vivant. Les agresseurs ont pris la fuite quand il a arrêté de bouger."  Selon le bourgmestre de Quaregnon, Jean-Pierre Lépine (PS), averti des faits dimanche matin, les jours de la victime sont malheureusement toujours en danger.

Selon cette dernière, plusieurs coups de feu auraient également été tirés mais à ce stade, cette information n’a pas été confirmée. Les agresseurs auraient utilisé le mobilier présent dans l’appartement de la victime pour rouer cette dernière de coups. L'enquête n'en est qu'à ses débuts et doit donc se poursuivre mais selon le bourgmestre, un auteur aurait pu être interpellé.

Entre Turcs et Kurdes, les tensions sont malheureusement vives. Elles trouvent leur origine dans un conflit presque centenaire. Pour en comprendre l’origine, il faut remonter à l’époque de la Première guerre mondiale, au démembrement de l’empire ottoman et au traité de Sèvre, signé en 1920, qui prévoyait que les Kurdes obtiennent un territoire afin de créer un état indépendant. Cette promesse n’a pas été tenue.

Aujourd’hui, les Kurdes continuent de réclamer ce qui leur avait été promis. Ils sont à ce jour présents en Irak, en Iran, en Syrie et en Turquie et sont considérés comme le plus grand peuple ne disposant pas de son propre état. Ce conflit interculturel se manifeste malheureusement aussi en Belgique, où les deux communautés s’affrontent régulièrement. En témoigne une fois encore la violente altercation de ce week-end.