Ces derniers temps, peut-être plus que jamais, les citoyens ont exprimé leur frustration et leurs inquiétudes quant au devenir de leur commune, de plus en plus convoitée pour la concrétisation de projets industriels ou immobiliers. Saint-Ghislain ne fait pas exception, que du contraire, puisque plusieurs dossiers sont en cours d’analyse. Citons, à titre d’exemple, le projet de parc photovoltaïque flottant à Tertre, l’usine de mozzarella ou encore le remblayage de la carrière du Danube à Hautrage.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à proposer une politique différente, davantage tournée vers la préservation des espaces verts. D’où l’idée de Guillaume Sanna de proposer à la ville de Saint-Ghislain le rachat d’une zone forestière de quelque 17 hectares, située à Tertre. Une réunion entre le citoyen et l’échevin en charge de l’aménagement du territoire et de l’environnement, Rudy Bureau (PS), se tiendra d’ailleurs ce mardi après-midi.

"Ma volonté n’est certainement pas d’opposer développement économique et environnement mais de permettre une avancée, une réflexion quant à l’équilibre à trouver pour que chacun y trouve son compte", explique Guillaume Sanna, qui était déjà intervenu en ce sens lors d’une interpellation citoyenne au conseil communal. "Pour ma part, je ne fais pas de politique, je pense simplement que certaines initiatives méritent d’être soutenues."

La zone forestière dont question est mise en vente au prix de 275 000 euros, et comprend deux bâtiments qui, moyennant permis d’urbanisme, pourraient peut-être un jour être réhabilités. "Grâce au Plan Marshall, la commune va bénéficier cette année d’une enveloppe de 3,8 millions d’euros. Pourquoi cette enveloppe ne pourrait-elle pas être destinée, notamment, au rachat du site afin que celui-ci puisse être préservé ? Pourquoi ne pas lancer un appel à projets, mobiliser les citoyens et les associations pour en faire quelque chose de bien ?"

Convaincu qu’il y a des choses à faire en matière de préservation de l’environnement, Guillaume Sanna entend aller au bout de sa démarche en multipliant les contacts, notamment avec l’échevin compétent. Contacté, ce dernier nous a assuré qu’il prêterait une oreille attentive aux propositions du Saint-Ghislainois. "À ce stade, aucune décision ne sera prise, je vais simplement écouter ce qu’il a à dire", souligne Rudy Bureau.

"Je pars du principe qu’il y en a plus dans plusieurs têtes que dans une et reste donc ouvert à ces rencontres. Mais dans ce cas, au-delà d’un potentiel rachat de cette zone forestière, il faut voir plus loin : quid de l’entretien, a-t-on les ressources nécessaires pour l’assurer ? Ce n’est pas si simple, et ça ne l’est pas non plus d’un point de vue financier. Cette enveloppe du plan Marshall est là, mais nous ne savons pas encore quelles directions seront prises. Il y a des choses à faire autour et en ville."

L’achat du bois n’est donc pas à l’ordre du jour, du moins pas pour l’instant. Mais autorités locales et citoyens échangeront et trouveront peut-être un terrain d’entente autour de la politique à mener en matière d’urbanisation et d’espaces verts.