Un charroi incessant et une vitesse par moments inadaptée, voilà ce que les riverains du Chemin du Prince estiment devoir vivre au quotidien, et plus particulièrement en cette période de récolte des betteraves. Sur les réseaux sociaux notamment, certains n’ont pas manqué de signifier leur agacement, s’attirant au passage la foudre des principaux intéressés.

"Il est 4 heures du matin, je rentre de ma nuit de boulot et je suis stupéfait de la bêtise humaine", écrit l’un d’eux. "Cette nuit, avec des collègues betteraviers, nous avons eu échos que des riverains (plus précisément ceux du Chemin du Prince) se plaignent du charroi... Eh oui, toujours les betteraves. Quatre mois par an, mes collègues et moi sillonnons nos campagnes afin de ramasser les betteraves de nos amis agriculteurs, qui finiront par vous servir dans la vie de tous les jours."

L’internaute ne cache pas son exaspération. "Je suis dégouté des mentalités d’aujourd’hui. Tout dérange, même lorsque l’on fait les choses pour vous. Oui, sur quatre mois de campagne betteravières, nous transitons quelques jours et nuits par le Chemin du Prince. Que représentent quelques jours/nuits sur une année ? Que faire, interdire les camions sur cette route ? Par où devrais-je passer pour faire mon travail, dans ce cas ? Un travail que j’aime et que le monde rend de plus en plus compliqué car le monde est égoïste."

Un désarroi que la bourgmestre de Jurbise, Jacqueline Galant, partage. "Effectivement, nous assistons à un ballet de camions jusque tard le soir et également durant la nuit, mais nous sommes en pleine saison de récolte et nous sommes, rappelons-le, une commune rurale !", insiste-t-elle. "Les citoyens qui s’y sont installés l’ont fait en connaissance de cause. Il y a des tracteurs, des agriculteurs qui travaillent la terre, des odeurs, des vaches qui meuglent et des coqs qui chantent ! Je n'irai jamais à l'encontre de cela."

Et de poursuivre : "On ne peut pas venir habiter à la campagne et ne pas en accepter les désagréments. Laissons travailler nos agriculteurs en paix, ils tentent simplement de survivre malgré des temps difficiles. Faisons des efforts pour que la cohabitation se passe au mieux. Je suis navrée d’entendre de plus en plus de plaintes par rapport à leur travail." La bourgmestre annonce que des panneaux humoristiques rappelant la réalité de la vie à la campagne seront bientôt installés.

Quant à la problématique de la vitesse, Jacqueline Galant ne peut que la déplorer. "Il y a, là aussi, un travail de sensibilisation à effectuer. Les limitations de vitesse sont les mêmes pour tout le monde et elles doivent être respectées, de jour comme de nuit." Un radar répressif est déjà installé au Chemin du Prince. Il est malheureusement témoin des nombreux excès de vitesse qui y sont commis. "Il flashe dans les deux sens et il a vraiment sa place. Il est installé depuis deux ans et le nombre de PV ne diminue pas…"

Pour la bourgmestre ne peut, à ce stade, pas proposer d’autres solutions. Seule la patience et une prise de conscience de tous – agriculteurs, transporteurs et riverains – devraient permettre une cohabitation plus agréable.