Me Frank Discepoli a plaidé, jeudi devant la cour d'assises du Hainaut, "une peine juste", sans en préciser la durée, pour son client Loïc Harvengt, coupable d'un vol de cigarettes avec meurtre commis la nuit du 20 au 21 octobre 2016 à Roisin. Plus tôt dans la journée, une peine de 20 ans de réclusion criminelle avait été réclamée par l'avocat général.

Loïc Harvengt était âgé de 23 ans au moment des faits. "Il a grandi dans une famille normale. Pas très scolaire, Loïc aime travailler. Plaquiste chez son oncle, il se lève tôt et rentre tard. Il décroche un CDI. Durant cinq ans, il travaille. Il a une petite copine. Un gars normal", explique Me Frank Discepoli. 

Loïc a une passion, les belles mécaniques. "Il rencontre Franz Pottiez, un type qui va le phagocyter, l'isoler du monde. Mi 2016, Loïc ne voit plus sa famille, ne voit plus sa famille, il n'a plus de travail et il vit dans une caravane. Il change de copine. Ce n'est plus notre Loïc, ont déclaré ses proches."

Loïc leur échappe et ils ne savent plus le récupérer. Ils ne font pas le poids face à de belles voitures, face à des restaurants chaque soir. "Franz Pottiez doit être le cauchemar de tous parents, de tous enseignants, de tous ceux qui aident leur prochain. C'est un rapace qui brise quelqu'un en quelques mois. Il savait à qui il avait à faire. Loïc est décrit comme immature, naïf, malléable pour un type comme Pottiez", poursuit Me Frank Discepoli. 

Aujourd'hui, Loïc Harvengt exprime des regrets. "Loïc n'a jamais demandé sa remise en liberté. Il a réfléchi à tout le mal qu'il a pu faire. Il a eu le courage d'avouer. Il regrette amèrement ce qui s'est passé." 

Pour l'avocat pénaliste, une peine de 20 ans de réclusion criminelle est une peine lourde. "Qu'on arrête de nous faire croire que la prison est un lieu de resocialisation ou de résilience. J'ai confiance et je sais que le collège rendra une décision juste, qu'il retiendra l'absence d'antécédents judiciaires et l'abscence de délinquance dans sa famille. Il existe peu de facteurs de risque chez lui, il doit être placé devant ses responsabilités. Loïc, c'est l'histoire d'un jeune homme qui a croisé le chemin de son mauvais génie et qui a eu le courage de parler." 

Loïc Harvengt a en effet été le seul à apporter des explications lors de l'enquête. C'est aussi lui qui a balancé les autres avant de se rétracter lors du premier jour du procès. C'est sur base de ses aveux que les jurés ont pu rendre un verdict de culpabilité, mercredi soir.