C'est un tunnel sans fin. Le projet Boucle du Hainaut était encore sur la table du parlement wallon ce matin. Le dossier concerne la réalisation d'une nouvelle liaison électrique aérienne entre Avelgem et Courcelles. Une ligne électrique longue de 85km et qui traverse 14 communes du Hainaut. Et forcément, les autorités communales ne veulent pas du projet qui détériorerait le paysage des régions de Mons et du Centre.

L'homme sur qui tout repose n'est autre que Willy Borsus, ministre wallon de l'Aménagement du territoire. Celui-ci dispose de 90 jours pour rendre sa décision. Un dilemme pour le ministre qui est partagé entre les riverains et son parti. Puisque, rappelons-le, ce projet Boucle du Hainaut est l'oeuvre de l'ancienne ministre Marghem, elle aussi membre du MR. Son choix est donc attendu par plusieurs députés fédéraux de la région.

En attendant, le ministre wallon publiera bien l'étude du français Jing Dai. Après des petites vérifications, tout le monde aura donc accès aux conclusions tirées sur les choix technologiques opérés par Elia, gestionnaire du réseau de transport électrique. Une démarche qui répond au besoin de transparence : "Permettez moi d'insister sur la transparence", commente Manu Disabato, député fédéral. "Nous voulons que cette étude soit connue et puisse faire partie d’une analyse par les membres du parlement". 

Le rapport confirmerait que la liaison est nécessaire et que celle-ci rencontrerait bien les besoins en terme d'énergie. Le ministre Borsus a toutefois émis une réserve sur les données apportées par Elia. "J’ai l’intention de lancer une étude complémentaire pour challenger à la fois la répartition des données mais aussi des conclusions. Vous serrez tenus au courant", ajoute Willy Borsus. Le ministre a également demandé une justification de l'utilisation de l'aérien et des huit kilomètres de souterrain proposés par Elia. 

Il reste un point flou dans cette déclaration : celui des alternatives. En effet, Willy Borsus a parlé "d'autres solutions techniques" existantes au projet. Une perspective encourageante, mais il n'a cependant pas précisé lesquelles. Cet aspect reste donc à détailler dans les prochaines semaines pour le ministre wallon de l'Aménagement.