La place Baudouin Constantinople a été bouclée toute la matinée.

Ce jeudi, un peu avant 5 heures, toute la circulation a été interdite à hauteur de l’hôpital Saint-Joseph à Mons. Et pour cause, la justice montoise y menait la reconstitution des événements tragiques ayant mené à la mort d’Alain Dechamps, le 8 août dernier. Un dispositif d’envergure avec notamment des policiers de la zone locale, du laboratoire scientifique, des enquêteurs de la Police Judiciaire ainsi que des représentants du parquet de Mons était sur place. Il régnait d’ailleurs une certaine tension sur les lieux qui ne manque pas d’attiser la suspicion. Le juge d’instruction Blondiaux est en charge de cette affaire.

Jeudi matin, il s’agissait donc de tenter d’établir les circonstances de la mort d’Alain Dechamps alors âgé de 48 ans. Un décès suspect qui est survenu sur la petite aire de stationnement située en face de l’hôpital Saint-Joseph. En revenant d’une soirée, Alain Dechamps a immobilisé son véhicule parce que sa passagère se sentait mal. Sur place, trois jeunes adultes étaient présents. Des mots et des coups ont été échangés jusqu’à ce qu’Alain Dechamps soit allongé au sol.

Une voiture conduite par l’un des jeunes a, semble-t-il, voulu quitter les lieux. L’homme étendu sur le sol a été écrasé et tué par l’un des véhicules qui a pris la fuite. Après plusieurs heures, deux jeunes hommes et une jeune femme se sont présentés aux services de la zone de police de Mons-Quévy afin de déclarer "l’accident".

Si les faits ont d’abord été classés comme "accident de roulage", une information judiciaire a finalement été ouverte à la demande de la famille de la victime, qui s’est portée partie civile pour homicide volontaire. Une première expertise a déjà établi que la victime était visible pour l’automobiliste fuyard.

Lors de la reconstitution , la famille d’Alain Dechamps était présente. "Pour nous, il était très important d’être là. Ce n’est pas clair… Nous sommes déjà satisfaits que la reconstitution ait lieu rapidement", explique la nièce de la victime. "Nous voulons aussi essayer de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé. Nous savons que cela ne nous le rendra pas, mais comprendre nous permettrait peut-être de trouver de l’apaisement."

La thèse de l’accident, la famille n’y croit pas. "Ce n’est pas un simple accident… Alors oui, il y a eu une bagarre. Des coups ont été échangés, mais est-ce qu’il fallait rouler sur son corps ?" Pour l’heure, l’instruction est toujours en cours et aucune information ne filtre quant au sort qui lui sera réservé.

Cette affaire revêt , en outre, un caractère sensible depuis que l’implication dans les faits de l’un des neveux de l’échevin montois, Achille Sakkas (PS), a été révélée. Précisions néanmoins que l’échevin affirme ne pas être intervenu de quelque manière que ce soit dans ce dossier.