Mons

Vision globale, logement, culture, cabinets… Les sujets qui fâchent majorité et opposition.

Majorité et opposition ont pu débattre du premier budget de la majorité pastèque lundi lors du conseil communal. Mons innovait en rendant les documents de travail accessibles au public. La conseillère MEM Opaline Meunier et le comité Transparencia demandaient cette ouverture citoyenne depuis longtemps. Mais la Ville devait d'abord surmonter des difficultés techniques. Un agent de l'administration a d'ailleurs dû consacrer trois heures à la préparation des documents. "Il va falloir trouver une méthode pour simplifier les choses", précise le bourgmestre Nicolas Martin.

Mons pionnière en matière de transparence, mais les conseillers communaux fulminent malgré tout sur le peu de temps qui leur a été laissé pour travailler ce budget avant les débats. Opaline Meunier pointe en outre les difficultés que peuvent rencontrer les élus peu rompus au langage technique de tels documents. "Nous avons respecté les délais prescrits par la Région wallonne", a répondu Nicolas Martin. "Par ailleurs, ce n'est pas au collège d'organiser la formation des conseillers communaux. Des formations gratuites existent à l'Union des Villes et Communes. Libre à chacun de prendre ses responsabilités pour assumer son job."

Même s'ils estiment avoir manqué de temps pour éplucher le budget, les conseillers d'opposition dénoncent un manque de vision globale dans ce document décisif pour guider la politique communale. "Il y a quelques nouveautés, par exemple pour les pistes cyclables ou les trottoirs. Mais dans l'ensemble, c'est la même politique qu'avant, alors que vous mettez en avant la mise en place d'une nouvelle équipe", décoche Savine Moucheron d'Agora. "C'est bien une majorité pastèque", enchaîne Georges-Louis Bouchez. "Il y a quelques touches vertes à l'extérieur pour faire illusion, mais à l'intérieur, c'est toujours le même rouge socialiste. De plus, on ne devine pas dans ce budget quelle est votre vision pour le développement de Mons." Agora et MEM s'interrogent en outre sur la place de la culture qui a tant compté dans la Cité du Doudou, rappelant que Mons est toujours la capitale wallonne de la culture.

Nicolas Martin défend et assume une vision plus terre à terre et moins bling-bling. "Avant tout, nous voulons répondre aux besoins quotidiens de la population", explique le bourgmestre. "Doubler le budget pour les trottoirs, construire des pistes cyclables, rénover les écoles ou investir dans la sécurité, ça peut paraître bête, mais pour nous, c'est essentiel. Nous avons aussi une vision pour le long-terme et nous continuons à investir dans la culture. Mais ce n'est pas le seul levier. Nous voulons positionner Mons comme un acteur fort sur toute une série de domaines économiques comme les matériaux nouveaux ou le numérique. Enfin, notre vision globale inclut la préparation de notre territoire à la transition écologique. Au total, 11 millions sont investis pour le climat."

De son côté, le PTB souligne dans ce budget le manque de projets consacrés au logement. "C'était pourtant l'une des principales préoccupations qui ressortait de notre grande enquête auprès des citoyens", relève Julien Delplanque. "Sur le plan local, cette matière relève principalement de l'Agence Immobilière Sociale et de Toit et Moi. La première va lancer la construction de nombreux logements sociaux sur l'ancien site de l'ICET à Cuesmes", rappelle Nicolas Martin. "Quant à Toit et Moi, son président John Joos va bientôt rentrer un Plan stratégique. Les priorités sont déjà définies. D'abord rénover les cités sociales qui en ont besoin, ensuite construire de nouveaux logements sociaux, car on ne l'a pas suffisamment fait ces dernières années, faute de moyens."

Notons enfin que les frais de cabinet ont animé les discussions. Dans un premier temps, Mons en Mieux avait dénoncé une explosion du nombre de cabinettards. "Faux, il y en a un en moins par rapport à la précédente mandature", avait répliqué le collège. L'opposition avait alors argué que ce n'est pas le nombre qui compte, mais le coût. MEM et Agora ont pu évaluer ce coût sur base du budget. L'augmentation est d'environ 400.000 euros selon Georges-Louis Bouchez, et de 300.000 selon Savine Moucheron. Encore une fois, Nicolas Martin assume. Le bourgmestre veut une équipe efficace. Il explique aussi que de nombreuses économies ont déjà été réalisées dans les frais de personnel et qu'il était difficile d'aller plus loin. 1,6 million d'euros ont en revanche été économisés dans les frais de service.

Nicolas Martin assume, mais ne convainc pas Savine Moucheron. "Habituellement, les économies étaient mieux réparties et nous dégagions environ 500.000 euros sur les frais de services. Ici, le montant triple. Il faudra voir dans la pratique si c'est tenable", conclut l'humaniste.