Les CNS se suivent et les mesures d’assouplissement s’enchaînent. Le dernier en date a notamment raccourci la durée de quarantaine et assoupli le principe de la bulle. Mais pour les discothèques, toujours pas la moindre lueur d’espoir à l’horizon. Des oubliés de la crise ?

"Nous ne sommes pas les oubliés de la crise, nous sommes les crucifiés de la crise ! Cela fait sept mois que nous n’avons plus aucuns revenus. J’aimerai bien voir comment s’en sortiraient ces ministres s’ils n’avaient pas de salaire pendant sept mois", s’insurge Livio Lavalle, patron du Buddha Rouge à Quévy. "Les avions sont remplis. Dans les bus, tout le monde est collé aux vitres. Les supporters peuvent retourner dans les stades de foot. Mais nous, nous ne pouvons pas travailler. C’est aberrant, c’est honteux !"

La situation devient intenable pour ceux qui vivent du monde de la nuit. "Nous avons été obligés d’investir de nos fonds propres pour que la société reste en vie", souffle Thierry Mallinus qui tient le Blue Lagoon à Soignies et le Bercail à Silly. "Nous avons même dû aller chercher sur les comptes épargnes des enfants en nous disant qu’on remettra plus tard. C’était soit ça, soit la faillite. Nous avons bien eu la prime de 5.000 euros comme tous les indépendants. Mais elle a tout de suite été aspirée par les factures en cours, les remboursements à la banque et les autres frais fixes. À la TVA, on nous a dit que tout le pays était déconfiné. Eh bien non, pour nous, le confinement dure depuis sept mois."

Le patron sonégien espérait une bonne nouvelle du CNS de mercredi. Elle n’est malheureusement pas venue. "Nous pourrions tout à fait travailler en respectant des mesures sanitaires comme le port du masque ou la distanciation entre bulles. D’autant plus que dans notre milieu, nous avons l’habitude de tenir notre clientèle à l’œil et de prévenir les conflits."

Après sept mois sans aucune attention, le patron du Havana Club Mons, lui, n’attend plus rien. "Ils savent que nous sommes là et que nous existons. Mais ils n’ont même pas pu dire qu’ils pensaient à nous sans être capables d’apporter une solution."