Mons

Si les Bourses font grise mine, l’économie sociale, elle, se porte bien

MONS-CENTRE En ces temps de crise économique, une poignée d’irréductibles entrepreneurs résistent encore et toujours aux chiffres d’affaires en berne. Et pour cause, ceux-là n’ont pas un œil obsessionnel rivé sur la courbe des bénéfices. Car ces entrepreneurs sont actifs dans l’économie sociale, et le secteur se porte bien.

C’est ce que nous apprend la Saw-B, une ASBL qui rassemble et défend les alternatives économiques en Région wallonne. Elle vient de souffler ses trente bougies et tire un bilan plutôt positif de ces petites entreprises sociales qui ne connaissent pas la crise.

Il faut dire que l’économie sociale a le vent en poupe. Parfois flou, le concept bénéficie pourtant depuis 2008 d’une définition officialisée par un décret wallon. Certains parlent de troisième secteur, en marge du public et du privé classique. D’autres évoquent un secteur à but non lucratif. Il regroupe en fait les sociétés productrices de biens ou de services qui ne visent pas à faire du profit avant tout mais bien à se rendre utiles à la collectivité ou à leurs seuls membres.

En autonomie, les entreprises sociales sont souvent organisées sous forme de coopératives, d’associations voire de mutuelles ou de fondations. Chacun y a son mot à dire pour les prises de décision. Enfin, les personnes et le travail priment sur le capital dans la répartition des revenus. Vous l’aurez compris, ici, on ne rabotera pas la prime de fin d’année de l’ouvrier qui trime à longueur de journée juste pour s’assurer que l’opulente retraitée qui grille sur sa plage en Floride touchera encore et toujours plus de dividendes sur ses actions.

Pas étonnant donc que les entreprises sociales poursuivent tranquillement leur petit bonhomme de chemin là où les grosses multinationales paniquent au moindre soubresaut boursier. Ce type d’économie n’a pourtant rien de neuf. Avant la Révolution française, les coopératives faisaient florès. Le capitalisme libéral est ensuite passé par là mais l’économie sociale revient en force à l’heure où le système se mord la queue.

Certains diront qu’elle est un leurre en permettant au capitalisme de paraître plus éthique sans apporter de réelles solutions. D’autres argueront qu’ignorer à grande échelle les lois élémentaires du marché conduirait à la catastrophe. L’économie sociale a tout de même le mérite de soulever quelques questions pour empêcher de tourner en rond.



© La Dernière Heure 2013