Mons

Lors d'une réunion d'information, les riverains ont appris que le promoteur avait introduit une action en référé pour lever l'interdiction.

"Nous voulions apporter une information précise et rationnelle dans un dossier complexe qui a suscité beaucoup d’émotions." La démarche entreprise par le bourgmestre de Frameries, Jean-Marc Dupont, était des plus claires. Mardi soir, il organisait une séance d’information à l’adresse des riverains concernant le dossier Clarebout. La commune de Frameries avait demandé au fonctionnaire délégué de la Région wallonne de venir répondre aux questions du public.

Et les questions ne manquaient pas. Car l’histoire de l’usine à frites est loin d’être terminée. Suscitant d’abord l’enthousiasme de quelques-uns pour les centaines d’emplois que le projet pourrait créer en s’installant sur le zoning de Frameries, des boucliers, nombreux, se sont vite levés en voyant pointer les nuisances qu’une telle usine pourrait engendrer. Pour rappel, le promoteur Clarebout n’a toujours pas déposé de permis pour cette usine mais l’IDEA lui a retiré son droit de préférence. Par ailleurs, le ministre Di Antonio a refusé sur recours le permis qui avait été octroyé à Clarebout pour le congélateur dont la construction était entamée.

Ce dernier point agite toujours les esprits, car les travaux se poursuivaient malgré le refus du permis. Beaucoup craignaient que le promoteur joue la politique du fait accompli. L’administration wallonne a haussé le ton, menaçant d’apposer des scellés. Depuis, seuls les travaux pour la sécurisation du site peuvent être menés, la construction du frigo étant gelée. Pour le moment… Car les riverains ont appris mardi soir que le promoteur avait introduit une action en référé auprès du tribunal de Mons pour lever l’interdiction. L’audience est prévue mercredi matin. L’administration wallonne va demander un report.

"Nous sommes très contents d’avoir pu poser nos questions et d’avoir eu toutes ces informations", explique Jean-François Adam, l’un des nombreux riverains opposés au projet. "Tout s’est passé dans le calme. C’était à la fois constructif et instructif. Malheureusement, la communication n’a pas toujours été très bonne sur ce dossier. Je suis d’autant plus heureux de la démarche des autorités communales et de la présence du fonctionnaire délégué."

L’histoire étant loin d’être finie, une telle réunion pourrait-elle être encore organisée ? "Certainement, nous le ferons si l’évolution du dossier le nécessite", conclut Jean-Marc Dupont. "Au niveau communal, nous sommes déjà en contact permanent avec les riverains. Si ça s’avère utile, nous inviterons à nouveau des représentants de l’administration wallonne."

Grégoire Lalieu