À l’époque, le renouvellement du parc informatique de Colfontaine n’avait pas fait l’objet de marché public

C’est un conseil communal à l’ambiance on ne peut plus électrique qui s’est déroulé ce mardi soir, à Colfontaine. Les conseillers étaient en effet invités à voter une transaction de 25.000 euros dans le cadre d’une affaire en justice, à savoir le renouvellement du parc informatique de la commune. Des faits dont la date de prescription approche mais qui seront présentés devant le tribunal correctionnel de Mons le 17 novembre prochain.

Pour rappel, Patrick Piérart, ancien bourgmestre socialiste aujourd’hui conseiller communal (RSCC), devra fournir des explications à la justice. Il lui est notamment reproché d’avoir, avec la société Rentys, saboté le parc informatique de la commune en vue de renouveler le contrat avec cette dernière. Les procédures légales de marché public avaient été abandonnées au profit d’une procédure négociée sans publicité. Ce dossier avait notamment conduit à la démission du principal intéressé, Patrick Piérart.

"Il est difficile de chiffrer le préjudice subi par la commune à l’époque. Nos avocats proposent d’accepter la transaction proposée, à hauteur de 25.000 euros", a expliqué en séance le bourgmestre, Lucien D’Antonio (PS). "Si la prescription est prononcée, la société pourrait faire marche arrière et se dire qu’elle n’a plus d’intérêt à verser cette somme. Alors que la commune ne peut se permettre de passer à côté."

Longuement questionné par les membres de C.Plus, le bourgmestre a précisé que l’informaticien de l’époque, qui aurait subi des pressions pour saboter le parc informatique, avait démissionné mais ne faisait pas l’objet de poursuites. "Le groupe C.Plus ne peut que déplorer le climat délétère qui a présidé à la gestion des affaires communales durant ces années. Il doit aussi constater que le collège communal n’a pas été renouvelé en totalité depuis ces affaires et que bon nombre d’échevins étaient déjà à la manœuvre à l’époque", a commenté Cécile Dascotte.

De son côté, Patrick Piérart a tenté de rappeler que la responsabilité du collège tout entier était engagée, que ne pas procéder au renouvellement du parc informatique aurait eu des conséquences importantes pour la commune. Enfin, l’ancien bourgmestre l’affirme : la commune a gagné au change et n’a donc pas subi de préjudice. Des propos qui n’ont pas trouvé écho auprès du bourgmestre, qui a, lui, rappelé à plusieurs reprises qu’il aurait la possibilité de se défendre devant la justice. L’opposition s’est abstenue de voter.