Des bas-reliefs poncés au papier de verre, des statues et des dorures recouvertes de peinture acrylique, des autels rafraichis avec de simples produits ménagers… Voilà la teneur des travaux de restauration qui ont été menés au sein de la collégiale Sainte-Waudru, provoquant de gros dégâts.

Des évaluations sont toujours en cours ce mercredi, alors que ces travaux illicites ont été stoppés dès lundi. La question que tout le monde se pose, dans la Cité du Doudou et même au parlement wallon, c'est comment un tel chantier a pu être mené durant des mois, en passant en dessous des radars?

C'est la fabrique d'église de la collégiale Sainte-Waudru qui gère l'édifice. Son président nous apporte quelques explications comme on les aime en Belgique, un brin surréalistes. "Nous avons dans le personnel de la collégiale un ouvrier qui s'occupe généralement du nettoyage et de l'entretien du bâtiment", confie Pierre Dufour. "Pendant le confinement, il avait un peu plus de temps libre et il a proposé, en accord avec d'autres membres du conseil de la fabrique, d'aller un peu plus loin que ses tâches habituelles. Ça consistait à effectuer des raccords de peinture à certains endroits, des nettoyages un peu plus approfondis à d'autres."

Le hic, c'est que la collégiale est truffée de trésors dont la restauration réclame des mains expertes et des techniques spécifiques. "Ce genre d’opérations, dans un monument tel que la collégiale, aurait dû obtenir une autorisation de la Région wallonne", reconnait le président de la fabrique. "Nous avons été interpellés sur ces travaux et nous nous sommes rendus compte qu'effectivement, c'était allé un peu trop loin. C'est quelque chose que nous aurions dû demander. À présent, nous collaborons pleinement avec l'AWAP, l'IRPA et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Des analyses ont été menées, nous attendons les rapports de ces états des lieux."

L'histoire pourrait prêter à rire, mais le rire pourrait virer au jaune lorsque ces rapports vont tomber. Les rafistolages de la collégiale ont débuté en mars et ont pris fin cette semaine. Selon l'asbl Communauté Historia, qui a sonné l'alerte, les dégâts sont très importants.