Comment faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de 55% d'ici 2030 à Mons, par rapport aux émissions de 2006? C'est l'exercice auquel s'est prêté la Ville de Mons en actualisant son Plan d'Action Energie Durable et Climat, qui sera présenté au conseil communal mardi prochain. "C'est un exercice théorique, mais chiffré, où l'on évalue l'impact de l'installation de x éoliennes, du transfert modal de x personnes de la voiture vers un autre mode de transport, etc.", introduit Catherine Marneffe, échevine en charge de l'environnement.
 
Le Plan Climat compte deux volets: un volet atténuation, où sont présentées tout une série de mesure devant permettre d'atteindre l'objectif de réduction de 55% des gaz à effet de serre (GES), et un volet adaptation, "où l'on s'adapte à la nouvelle donne qu'implique le changement climatique, qui produit déjà ses effets concrets avec l'augmentation des épisodes de canicule, de sécheresse, de canicule..."
 
Une fois que le diagnostic est réalisé, il faut déterminer des actions. Et le Plan Climat n'en manque pas: "c'est un plan à 130 millions € jusque 2030.", dont 30 millions € sur la période 2021 - 2022. Pour atteindre son objectif de -55% de GES, le Plan Climat identifie quatre leviers: la production énergétique, le logement, la mobilité et l'agriculture. C'est le secteur de l'énergie qui fournira la plus grande part à l'effort, avec un objectif de -24%.
 
Pour atteindre l'objectif, Mons veut investir massivement dans l'énergie renouvelable et plus particulièrement le photovoltaïque. "C'est là que l'on identifie le meilleur potentiel, et c'est le plus facile étant donné la configuration urbaine du territoire." Du photovoltaïque, mais pas sur des terrains vierges. "Nous voulons investir sur les toitures." L'objectif est de couvrir 1500 toitures d'ici 8 ans.
 
La rénovation énergétique des bâtiments, sera le deuxième secteur mis à contribution. A titre d'exemple, la Ville va isoler la caserne Cabuy à Ghlin et y installer une chaudière à la biomasse pour 9 millions €. Si la Ville doit faire sa part, l'effort doit également venir des particuliers. La rénovation de 10 000 logements permettrait d'atteindre les objectifs fixés. Pour cela, les autorités entendent les sensibiliser et mettre en place des dispositifs d'information et d'accompagnement à la rénovation.
 
Les efforts viendront également de la mobilité et de l'agriculture. Selon le plan, 12 000 voitures en moins à Mons (grâce au télétravail, au covoiturage ou au transfert modal) permettrait de baisser les GES de 5%. Quant au secteur agricole, il sera mis à contribution pour planter des haies, couvrir les terres en hiver, privilégier les cultures absorbant le CO2...
 
Si le plan est voté, il ne s'agira que d'une proposition, précise Catherine Marneffe. "Le but, c'est d'en débattre pendant un an au sein de la commission participative, du conseil énegie climat où est représenté un panel de la société civile (citoyens, professeurs d'université, représentants d'asbl...)." Au vu des ambitions affichées, 8 ans ne seront pas de trop pour mettre ce plan en oeuvre.
 
C'est en 2013 que la Ville de Mons avait fixé pour objectif de baisser ses émissions de 55% en 2030. Après 9 ans, la baisse a été évaluée à 8%.