La sécurité est l'un des enjeux de ce scrutin sur Quiévrain qui connaît une importante criminalité transfrontalière

Ce samedi, La DH Mons poursuit sa série "Un jour, une commune", en faisant escale à Quiévrain, commune frontalière qui a connu un changement de majorité remarqué en 2012. La liste de Véronique Damée a en effet, à la surprise quasi générale, renvoyé la majorité socialiste sur les bancs de l'opposition.

En 2018, Changer Quiévrain, emmenée par Véronique Damée entend bien réitérer sa performance de 2012. Mais rien n'est joué ! Avec un PS tiré par Jean-Pierre Landrain qui pourrait revenir dans les bonnes grâces des Quiévrenois, ou encore une nouvelle liste créée par Vincent Coulon, le fils de l'ancien bourgmestre Bernard Coulon, la situation politique n'aura connu autant de suspense. Enfin, dans un climat très tendu, la liste Ecolo pourrait se montrer déterminante dans une éventuelle coalition qui renforcerait une faible majorité...

Un climat politique très tendu pour une commune connaissant une criminalité transfrontalière dans une zone de police qui a déjà fait couler beaucoup d'encre... Découvrons les propositions des différentes listes en matière de sécurité.


La répartition des forces de police de la ZP des Hauts Pays continue à faire grincer des dents à Quiévrain. Que mettre en place pour renforcer la sécurité de cette commune frontalière ?

- Changer Quiévrain (Véronique Damée) : "La zone compte 72 policiers pour couvrir les quatre communes. Quiévrain dispose pour le travail de quartier de 5 policiers et d'un agent civil pour 6700 habitants, alors que les normes nationales prévoient un agent pour 4000 habitants. De plus, les services centraux Intervention, Enquêtes Circulation assurent aussi une présence et des permanences 24/24. En termes de sécurité, la criminalité sur la zone est en diminution de 10% par rapport à 2015 et continue de baisser. Quiévrain voit même sa criminalité baisser de 20% ! En plus des 18 caméras présentes, 8 nouvelles unités seront installées d'ici fin 2018 grâce à une dotation supplémentaire de la Commune. Une caméra ANPR (reconnaissance des plaques) sera installée à la rue de Valenciennes et un véhicule équipé de ce type de caméra est en cours d'acquisition. La collaboration avec la police française s'intensifie également notamment par l'organisation de contrôles "miroirs" réguliers de part et d'autre de la frontière."

- PS (Jean-Pierre Landrain) : "Avant de parler répartition des forces, il est indispensable de repenser le financement de la zone. En appliquant « simplement » la norme KUL, les autres communes donnent inéluctablement à la commune de Dour la majorité au Collège de police (51%). Nous devons revenir à un mode de financement concerté entre les quatre communes de la zone Dour, Hensies, Honnelles et Quiévrain. Le préalable, dans un premier temps, est de tendre vers un financement dans lequel chaque habitant de la zone cotise au même niveau et en contre partie reçoive le même service. Pour l'instant, l'habitant de Dour paye 122,27 €, à Hensies 95,91 €, à Honnelles 93,60 € et à Quiévrain 111,01 €. Ensuite, nous devons analyser la situation spécifique de chaque commue et adapter les services aux besoins nécessaires. Nous devons absolument refinancer notre zone de police afin que le service aux citoyens soit à la hauteur de la spécificité de notre entité. La priorité des priorités, en matière de sécurité, doit être le retour de nos policiers dans les quartiers de nos trois communes de l'entité et une présence régulière au commissariat. En effet, nous constatons, depuis des années, que nos agents de quartiers ont pratiquement disparus du terrain, malgré leur bonne volonté. Le commissariat, quant à lui, était régulièrement inaccessible jusqu'il y a peu et les dépôts de plaintes devaient obligatoirement se faire à Dour."

- UPQ (Vincent Coulon) : "La réforme de police date de 18 ans. Une évidence s impose : Il faut réformer la réforme ! Le cadre actuel : 75 dont en réalité, 50 effectifs . L'objectif à négocier :100 agents. Pourquoi : C'est une zone très étendue, à caractère rural et urbain comprenant plus de 50 km de frontière à contrôler Cet objectif 100 serait suffisant si une meilleure collaboration existait avec les zones voisines la nuit et les week-ends, mais aussi avec les forces de police française (collaboration qui n'est actuellement que ponctuelle et médiatique) ou encore avec les administrations comme la douane dont une présence quasi permanente est nécessaire aux frontières. Cet objectif 100 est il réaliste ? Oui si les caractères spécifiques de la zone ( rurale et urbaine , dimension et faible population ) sont intégrés dans les critères de la dotation fédérale pour ne pas étrangler les finances communales."

- Ecolo (Jean-Pierre Urbain) : "Nous proposons d’augmenter le budget dédié à la zone de police en concertation avec les communes d’Hensies et Honnelles ; afin que ces trois communes contribuent à 50% du budget de la zone. De ce fait, la commune de Dour perdra sa majorité dans les décisions affectant la zone. Un nouvel équilibre sera créé entre les partenaires. Nous proposons également de se tourner vers le fédéral afin qu’il prenne mieux en compte le caractère frontalier de la zone de police soit en augmentant sa dotation à la zone soit en dédicaçant directement une enveloppe budgétaire aux communes frontalières. Une motion sera déposée en ce sens. Il faut aussi accentuer encore et toujours la coopération avec la France (équipe commune, intervention coordonnées, échanges de données, …. L’investissement dans les caméras de surveillance semble montrer ses limites dans la dissuasion. Enfin, nous proposons de réorienter les budgets (caméras) vers de la sécurisation passive (portes, volets, verrous, armoires, coffres, …) aux normes actuelles mais aussi vers le gardiennage pour les sites importants. Cette réorientation créera de l’emploi local. La visibilité des forces de police permettra de diminuer le sentiment d’insécurité."