Ces dernières semaines, quatre chercheurs de l’Ecole de Formation des Enseignants et de l’Institut d’Administration Scolaire de l’Université de Mons (UMons) ont interrogé près de 1 000 des enseignants et enseignantes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas moins de 76 questions portaient sur les pratiques qu’ils ont mises en œuvre durant le confinement et 24 autres sur la manière dont ils appréhendent la prochaine rentrée scolaire.

L’objectif de la démarche scientifique entreprise par les quatre chercheurs de l’UMons est de dresser un état des lieux de la situation en FWB et de comparer ces résultats avec les données d’autres pays situés en Europe et hors d’Europe. À ce jour, plus de 900 questionnaires ont été complétés et 505 d’entre eux ont pu être exploités tandis que les auteurs espèrent que d’autres enseignants compléteront encore le formulaire en ligne.

La publication des résultats finaux interviendra après la rentrée. Mais les 4 chercheurs peuvent déjà mettre en évidence plusieurs tendances. Un sur deux (49,5%) a par exemple eu l’impression d’avoir eu plus de difficultés professionnelles lors du confinement qu’en temps normal. Et ce, malgré un investissement professionnel plus important que d’habitude (pour 40,8% des répondants).

Pour 59,7% des enseignants, l’enseignement à distance pendant le confinement a rendu leur métier moins intéressant/riche/stimulant que d’habitude. De même, 46,4% des enseignants ont été plus stressés que d’habitude par la pratique de l’enseignement à distance alors que 40,5% des répondants disent avoir été moins stressés que lors d’un enseignement en présentiel.

Les enseignants expliquent que l’équipement numérique des élèves varie plus ou moins fortement d’un établissement à un autre et d’une classe à une autre. Il apparaît d'ailleurs que plus de 80% des enseignants pensent que la période de confinement a amplifié les inégalités scolaires des élèves de leur établissement. Pour 73,5% des enseignants, les "bons élèves" n’ont pas progressé aussi rapidement que ce qu’ils auraient pu faire si les cours s’étaient poursuivis en présentiel et 65,6% affirment que les élèves les plus en difficultés ont progressé plus lentement.

Vis-à-vis de la rentrée de septembre, ces inégalités pourraient d'ailleurs se creuser encore davantage. Au total, 69,4% des enseignants indiquent qu’ils craignent de constater plus d’inégalités d’apprentissage que d’habitude en ce début d’année scolaire. Et 81% des enseignants disent que la crise sanitaire aura un impact sur l’hétérogénéité des apprentissages scolaires.

Malgré tout, on observe beaucoup d’enthousiasme et un brin d’anxiété à l’idée de reprendre les cours en présentiel. Pas moins de 98,9% des enseignants ayant répondu à l’enquête seront contents de retrouver le contact avec leurs élèves en présentiel dès la rentrée. En revanche, 29% se disent déjà stressés et anxieux et 46,7% estiment être plus stressés pour la rentrée scolaire 2020-2021 que pour les rentrées scolaires précédentes.

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