Le secteur est en plein développement et permet chaque jour à des « enquêteurs en herbe » de mettre leurs talents à profit pour élucider des énigmes. Ils sont pourtant les grands oubliés de la crise. Dans tout le pays, les escape room ont une nouvelle fois dû fermer leurs portes. Parfois sans aide et sans certitude de pouvoir les rouvrir…

Rassemblés sous un collectif baptisé EscapeWall, les gérants de salles de toutes les localités du plat-pays ont mis en lumière leur situation. "Lors du premier confinement, les escape games ont été les premiers à devoir fermer boutique et parmi les derniers à rouvrir en date du premier juillet. Ce fut trois mois de fermeture sèche, de pertes directes et sans moyen de compenser. Pas de service de livraison possible pour nous, ni de take-away à proposer aux clients", expliquent-ils.

Un constat que doit malheureusement confirmer Johnathan Waime, gérant de l’escape room jemappien In The Room, ouvert en 2017. "C’est très difficile, ne nous leurrons pas ; nous sommes à nouveau privés de rentrées financières alors que nos coûts sont inchangés. Dans mon malheur, j’ai encore la chance de ne pas avoir de personnel sous contrat puisque je travaille avec des étudiants et des intérimaires, qui se retrouvent malheureusement sans emploi. Beaucoup de petits indépendants, qui ont parfois un escape room sur le côté de leur emploi principal ne s'en sortiront pas."

Cette semaine de congé d’automne aurait normalement dû être comble. "Au lieu de cela, il a fallu procéder aux remboursements des réservations. Les joueurs n’ont pas voulu prendre le risque de reporter leur date car ils sont dans l’incertitude. L’an dernier à la même période, nous tournions autour des 9000 à 12 000 euros mensuels. Aujourd’hui, on est à zéro. C’est d’autant plus frustrant que de nombreuses mesures avaient été mises en place."

Les réservations avaient été espacées et chaque salle (et donc tous les objets) était désinfectée. "Je ne souhaite pas critiquer les mesures prises par le gouvernement, nous les comprenons et restons conscients que notre activité n’est pas jugée " essentielle." Mais cela n’en reste pas moins frustrant. Nous avons pris les coordonnées de tous nos clients et aucun ne nous a contactés pour nous dire qu’il pensait avoir été contaminé après son passage chez nous."

Pour malgré tout assurer quelques rentrées financières et proposer du divertissement à ses participants, Johnathan Waime propose un escape game portatif. "En tant normal, nous l’animons nous-mêmes lors de mariages, de banquets, d’enterrements de vie de jeune fille/garçon. Cette fois, il est à emporter mais sans animation professionnelle. Les indices sont enregistrés sur une vidéo. C’est une alternative mais ne nous leurrons pas : la magie n’est pas la même."

Le gérant attend désormais patiemment une date de réouverture… Une réouverture qui ne se fera pas à Jemappes mais bien à Frameries, au cœur de nouveaux locaux. Autant écrire que les raisons de célébrer l’événement seront nombreuses…