Les conseils communaux se suivent et se ressemblent à Mons: enflammés. La séance de mardi soir n'a pas fait exception. Elle a même dû être interrompue le temps que les esprits s'apaisent.

Les discussions s'envenimaient une fois de plus entre le conseiller Emmanuel Tondreau (MEM) et l'échevin Maxime Pourtois (PS). Le conseiller Samy Kayembe (PS) est venu à la rescousse de l'échevin en expliquant que le conseiller Tondreau avait tendance à le rabaisser systématiquement. Samy Kayembe s'apprêtait à illustrer ses propos par un incident survenu quelques jours plus tôt en commission. De quoi mettre le feu aux poudres.

Des élus de MEM se sont emportés, expliquant que le conseiller Kayembe était totalement hors propos. "On est chez les fous ici?", s'est exclamé Georges-Louis Bouchez. Il a alors invité le bourgmestre à tenir son rôle de président du conseil communal en recentrant les débats. Avec d'autant plus de force que MEM plaide pour que la présidence soit attribuée à un autre élu que le mayeur. "Vous devez faire respecter le règlement", a alors martelé le chef de file de Mons en Mieux. Ça criait dans tous les sens, ça se coupait la chique… Dans le brouhaha général, Nicolas Martin a finalement décidé d'interrompre la séance cinq minutes, ponctuant sa décision d'un "C'est insupportable, insupportable!"

Le mois passé, l'arène avait déjà pris feu lorsqu'une conseillère PS, Colette Wuibaut, avait qualifié de "racistes" les propos Georges-Louis Bouchez qui soulignait que dans le quartier de la gare, on trouvait surtout des "durums et des coiffeurs". Dans la foulée, le président du MR, très énervé, avait passé en revue la gestion du PS dans les anciens bassins miniers au cours des 60 dernières années. Sans mettre des gants. Nicolas Martin ne s'était pas gêné pour renvoyer l'ascenseur. La polémique s'était même poursuivie sur les réseaux sociaux.

Le phénomène est loin d'être nouveau depuis le début de la mandature. Des débats intéressants sur le fond, il peut pourtant y en avoir concernant l'intervention des pouvoirs publics, le redéploiement économique de la ville ou encore la mobilité. Mais trop souvent, les invectives stériles viennent polluer les discussions. La gestion de Mons mérite mieux que ça. Les Montois qui ont mis un bulletin dans l'urne méritent mieux que ça.