La Ville et son CPAS veulent confier les crèches, les maisons de repos et les aides à domicile à l'intercommunale pour booster la politique sociale. Explications.

Crèches, maison de repos, aides à domicile… Les besoins sont criants. Pourtant, aujourd’hui, la Ville de Mons et son CPAS sont bloqués dans leurs investissements, même lorsque l’activité est rentable.

"La Ville est sous plan de gestion", rappelle le bourgmestre Nicolas Martin. "Cela veut dire que le CRAC nous impose, à juste titre, des balises qui ne nous permettent pas d’investir au-delà de nos capacités. Mais cela a pour conséquences que nous n’avons pas pu engager deux nouvelles aides à domicile, même si ces emplois rapportent et s’autofinancent. Même chose pour la construction d’une nouvelle maison de repos par exemple, il faudrait faire un choix avec cet investissement et d’autres tout aussi nécessaires comme les voiries."

Pour sortir de cette impasse, les autorités montoises envisagent de transférer à l’intercommunale du CHU Ambroise-Paré une partie des services assurés par le CPAS. Les 5 crèches, les 2 maisons de repos et le service ACASA sont concernés.

"Ce transfert nous permettrait de développer une politique sociale plus ambitieuse en utilisant l’intercommunale Ambroise-Paré comme vecteur", poursuit Nicolas Martin. "L’intercommunale a une assise financière importante et pourrait développer de nouvelles structures, là où nous sommes bloqués par les balises budgétaires. Nous pourrions aussi élargir le rayon géographique de cette politique sociale. Les communes du Borinage sont représentées au sein de l’intercommunale. Dans un premier temps, nous créerions un pilier extrahospitalier où le CPAS sera également représenté et aura toujours son mot à dire sur les services qui seront transférés. Ensuite, les communes qui le souhaitent pourront suivre l’exemple de Mons."

Pour le CPAS, ce transfert serait l’occasion d’alléger un budget exigu. "Nous pourrions aussi nous recentrer sur os missions de base : l’insertion sociale, l’insertion socioprofessionnelle avec notamment notre projet de régie agricole, l’accompagnement social, la cohésion sociale et le logement d’urgence et de transit", souligne Marie Meunier, présidente du CPAS. "Nous disposerions de moyens complémentaires pour développer de nouveaux projets en lien avec ces missions comme un pôle de lutte contre l’isolement social."

Le mouvement brille pas son ampleur, mais n'est pas totalement neuf. Le Chêne aux haies et le CHU avaient déjà fusionné en 2010. En 2012, les infirmières à domicile passaient dans le giron de l'hôpital Ambroise-Paré. Ce nouveau transfert s'ajoute, avec l'ambition affichée d'anticiper la réforme sur les réseaux hospitaliers, en renforçant et en diversifiant les activités du CHU.

Des discussions ont déjà été lancées avec les syndicats. Les autorités l’assurent, les travailleurs concernés ne perdront pas leur statut ni leurs avantages sociaux. "Les discussions vont également se poursuivre avec l’intercommunale. Nous reviendrons avec un dossier complet au conseil communal d’ici quelques mois. Notre souhait est d’avoir une maison de repos et une crèche supplémentaires durant cette mandature", conclut le bourgmestre.