Présidente des Jeunes CDH, Opaline Meunier s’est attiré les foudres de quelques membres de l’organisation de jeunesse. Plusieurs d’entre eux ont pris contact avec la DH pour partager ce qu’ils estiment être de la mauvaise gestion dans le chef de la jeune Montoise, dont la personnalité est pour le moins “clivante”. Ceux-ci évoquent des dépenses considérables et “non-justifiées” au sein de l’association, un certain malaise et plusieurs démissions.

“Ce n’est pas forcément illégal, mais d’un point de vue déontologique,… Ça se rapproche des pratiques qu’elle aime tant dénoncer dans les médias”, évoquent ces membres “dissidents”. Pour eux, Opaline Meunier abuse de sa position de présidente, notamment pour rémunérer des proches, “dont le comptable de l’asbl, payé pratiquement 8 000 euros alors que sur base d’un devis que nous avons réclamé de notre côté, on tourne plutôt autour des 3 000 euros.

Les membres évoquent aussi une perte d’exploitation de 25 000 euros à l’exercice 2020, l’engagement d’une animatrice à destination des sections locales “alors que la présidente est payée pour cela”, des frais de déplacement qui ont doublé en 2020, année de lockdown(...), ou encore un budget publicitaire qui a triplé par rapport à 2019

Autant d’arguments que la principale intéressée balaie. “Cette campagne de diffamation menée par certains contre moi dure depuis des mois. J’envisage d’ailleurs des poursuites”, affirme la présidente des jeunes CDH. “Ce n’est l’œuvre que d’une poignée de membres qui se voient Calife à la place du Calife. Toute la gestion de l’asbl a été repassée en revue, les comptes y compris, et tout est réglo.

Pour la jeune femme, il ne s’agit donc que d’un tissu de mensonges. “Je ne gère pas seule cette asbl ! Toutes les décisions sont votées par le Conseil d’Administration. L’assemblée générale compte quant à elle une quarantaine de personnes.” Pour la jeune femme, les honoraires du comptable se justifient par la qualité des services proposés. “On peut toujours trouver moins cher, mais pas pour une offre aussi complète, qui n’est pas celle de base.

La réserve financière de 25 000 euros ne se justifierait quant à elle plus. “Parce que nous avons conservé notre agrément”, explique Opaline Meunier. “Ils ont été utilisés autrement, pour remplacer du matériel bureautique, renouveler notre parc informatique et engager l’animatrice, décision prise à l’unanimité. Et nous avons encore 50 000 euros de réserve. Ce n’est pas mal géré !

Enfin, les frais de déplacement (près de 7000 euros) sont liés, selon Opaline Meunier, à l’action “École pour Tous” et à la récolte et la distribution d’ordinateurs dans les familles fragilisées en Wallonie et à Bruxelles, tandis que les frais publicitaires sont “la conséquence du lancement des Welcome Box”, constituées et distribuées aux nouveaux membres en 2020-2021.

Je suis vraiment droite dans mes bottes, je n’ai rien à me reprocher. J’ai d’ailleurs le soutien de nombreux membres, y compris des pseudos démissionnaires, qui ont en réalité quitté leur fonction initiale dans le cadre d’une réorganisation interne. Ce que je subis, aujourd’hui, s’apparente clairement à du harcèlement catégorisé.” Si Opaline Meunier préfère rire de la situation, force est de constater qu’un malaise est tout de même palpable, usons d'euphémisme.

Une personnalité clivante qui divise le CDH

Si Opaline Meunier garde le soutien de son parti, dans la région, sa personnalité et sa “façon de faire de la politique” divisent profondément les Humanistes, à qui elle a donné du fil à retordre lors des élections communales de 2018, préférant rejoindre la liste pluraliste de Georges-Louis Bouchez (MR), au détriment de la liste CDH menée par Savine Moucheron.

Président du CDH pour l’arrondissement Mons-Borinage, Lionel Pistone ne se dit pas vraiment surpris par la sortie médiatique de quelques membres des jeunes CDH. Lui-même avait d’ailleurs quitté le groupe, en 2019. “J’étais président de l’assemblée générale lorsqu’elle est devenue présidente et j’ai rapidement compris qu’elle et moi n’avions pas la même vision des choses”, explique le Colfontainois. “J’ai préféré partir et rendre ma démission.

S’il n’est pas au courant d’éventuels problèmes internes aux Jeunes CDH, il entend encore parler de la jeune Montoise régulièrement. “J’ai des appels, des messages, des plaintes de membres pratiquement toutes les semaines. Elle est très clivante. Depuis que je suis président de l’arrondissement, presque tous les cas que j’ai eu à gérer la concernaient de près ou de loin. C’est un électron libre et assurer mes fonctions avec quelqu’un comme elle n’est pas simple : il n’est par exemple pas rare qu’à Mons, sur les questions nationales déposées par le CDH, elle ne suive pas la ligne du parti. C’est quand même assez surprenant…

"Cela suscite des débats, et c'est heureux et sain"...

Force est de constater que le cabinet du président du CDH, Maxime Prèvot, tente de noyer le poisson dans l'eau, ou tout du moins de minimiser la tempête que traverse le mouvement... "Tout comme le parti, les jeunes cdH s’impliquent dans les différentes dynamiques qui accompagnent "il fera beau demain, mouvement positif" et nourrissent les réflexions. Cela suscite des débats, et c’est heureux et sain, au sein du CA des jeunes cdH. C’est un signe de vitalité et de convictions fortes dont on ne peut que se réjouir", réagit Stéphane Nicolas, le chef de cabinet du Président Maxime Prévot. "Bien que la Présidente et le CA de l’ASBL des jeunes cdH jouissent d’une totale autonomie, Maxime Prévot veille a entretenir des contacts réguliers et francs avec Opaline Meunier et d’autres jeunes militants, sur le présent et les perspectives d’avenir. Nous sommes confiants dans la capacité des jeunes cdH et de leur présidente, avec leur force de propositions et leur dynamisme, d’apporter toute cette fraîcheur d’esprit dont ils témoignent chaque jour et dont notre jeunesse a besoin, en particulier pour sortir de cette crise." Reste à voir si la position officielle de la présidence du CDH suffira à apaiser les tensions.