Durant la première vague, ils étaient une demi-douzaine à la rue de l’Espinette et à la rue des Tournesols, à sortir applaudir le personnel soignant chaque soir. Depuis, la deuxième vague est passée par là et les marques de soutien se font plus rares, à Cuesmes comme ailleurs. Ce mercredi soir, Thérèse Michels, une habitante du quartier, a donc voulu renouer avec les bonnes habitudes et a embarqué des dizaines de riverains dans l’aventure. Sur les coups de 17h30, et sur un air de Bella Ciao, tous sont sortis sur le pas de leur porte pour faire tinter les casseroles.

"Alors que la situation s’aggravait avec la deuxième vague, nous avons eu l’idée de manifester à nouveau notre soutien", explique Thérèse Michels. "La première fois, c’était au printemps. Ici, c’est plus compliqué de sortir applaudir tous les soirs à 20 heures. Alors nous avons eu l’idée de faire un maximum de bruit un bon coup pour rappeler au personnel soignant que nous les soutenons toujours. C’est un message de soutien pour ceux qui travaillent dans les hôpitaux, les maisons de repos, les éducateurs dans les centres, les infirmières à domicile ou encore les aides familiales. Nous pensons aussi à tous les autres métiers essentiels dont on a bien besoin durant cette crise, comme les caissières ou les éboueurs. Nous les remercions tous."

En espagnol, on appelle ça un "cacerolazo". Interpeller les autorités par un concert de casseroles est une forme de manifestation très répandue en Amérique latine. À Cuesmes aussi, on a voulu faire passer un message aux décideurs, comme certaines pancartes l’indiquent. "Avec ce concert de casseroles, nous voulions aussi réveiller les gouvernements pour qu’ils répondent aux besoins du personnel soignant qui réclament plus de moyens pour affronter l’épidémie", souligne Lucie Giunta, conseillère PTB qui était de la partie. "Ce sont des métiers qui méritent d’être revalorisés", ajoute Thérèse Michels. "Quand on voit que les hôpitaux ont du mal à trouver du personnel alors que certains s’en vont travailler ailleurs parce que c’est trop dur en milieu hospitalier, on se dit qu’il faut plus de moyens pour soutenir ce secteur essentiel."