Son petit nom d'artiste, c'est Doudi. Mais c'est sous les traits de Samantha que le grand public a découvert David Strajmayster. Depuis, le comédien belgo-israélien a raccroché la perruque. Mais le personnage lui colle toujours à la peau et il n'est pas rare que des passants s'arrêtent dans la rue pour saluer "Samantha".

Quand David Strajmayster a proposé ses premières capsules il y a plus de 15 ans, il ne s'attendait pourtant pas à un tel succès. "Personne ne peut s'attendre à rencontrer le succès de la sorte. Si on avait une formule magique, tout le monde serait en train de faire des cartons", commente le comédien. "C'est un personnage qui a fait du bien au public, ça l'a fait marrer. C'était une petite pastille humoristique du moment, et ça continue de faire son petit effet auprès des gens 15 ans plus tard. Ce qui est tout de même assez fou."

Si Samantha a crevé le petit écran, ses aventures dans les salles obscures n'ont jamais vu le jour. Un projet était pourtant dans les cartons. Pourrait-on la revoir un jour? "Je ne pense pas. En tout cas, personne ne m'a prévenu! Si ça se fait, je ne serai sans doute pas dedans. Mais ça me semble impossible, il n'y a qu'une Samantha. Et la seule et l'unique, c'est moi", sourit David Strajmayster. "C'était d'ailleurs une grande difficulté pour vendre le concept à l'étranger. Pour une série comme Caméra Café par exemple, on pouvait exporter le projet en prenant d'autres acteurs. Pour Samantha, on pourrait caster un autre acteur et lui mettre une perruque, mais ce ne serait plus vraiment Samantha, ça deviendrait un autre personnage."

Ce personnage-là était tellement fort qu'il continue à coller à la peau de Doudi. Samantha lui a ainsi ouvert les portes de la notoriété, mais elle en a aussi refermé d'autres dans la profession. "C'est un frein pour certains qui se limitent à leur listing habituel de comédiens et qui ne cherchent pas à voir plus loin."

Alors, David Strajmayster est passé à l'écriture. "Il faut se diversifier si on veut survivre dans ce métier." Il vient d'ailleurs de terminer le scénario d'un film pour Lucien-Jean Baptiste. "C'est une comédie sur la relation entre père et fille. Comment les papas réagiraient-ils face à une situation qui leur semble critique pour leur fille? Le film est en phase de financement, mais c'est une période compliquée. Les chaînes se demandent quels projets financer en premier, car à cause du covid, beaucoup ne sont pas sortis et sont dans les starting-blocks. Il doit bien y avoir 1.000 films en attente de sortie, mais il y en a plein qui vont mourir."

Croisons les doigts pour que ce film-là ne passe pas à la trappe. En attendant, Doudi a passé la semaine dans la Cité du Doudou pour le Festival de Mons. Le dépaysement n'était pas énorme. Né en Israël, David Strajmayster a en effet grandi en Belgique avant de partir à l'aventure en France. Il vient de revenir à Bruxelles. Avoir grandi dans le plat pays, ça expliquerait le côté décalé du comédien? "La plupart des gens ne savent pas que je suis Belge. Quant à savoir si ça m'a influencé, c'est difficile à dire. Il y a un documentaire sur l'humour belge qui est passé il n'y a pas longtemps avec énormément d'artistes belges qui essayaient de définir c'est quoi. Il faudrait que je regarde pour voir si je peux m'identifier à cette belgitude."

Membre du jury du Festival de Mons, David Strajmayster a vu énormément de films durant la semaine. Il a eu son coup de cœur. "C'est The Whaler Boy, un film russe. C'est l'histoire de pêcheurs de baleines. Un gamin d'à peine 20 ans vit dans un village paumé, avec très peu d'habitants. Sexuellement, c'est compliqué. Il n'y a pas grand-chose pour se satisfaire. Ce gamin va alors tomber amoureux d'une webcam girl américaine qui fait des stripteases en ligne. Il est très naïf et pense qu'il peut vraiment communiquer avec elle. Il décide alors, de manière assez touchante, de passer la frontière en Alaska pour aller à sa rencontre à Detroit. Il apprend même quelques mots d'anglais pour lui dire qu'il veut l'épouser. Je ne suis pas toujours fan des films d'auteur. Mais là, c'est tellement bon que ça m'a touché."