Le président de la cour d'assises du Hainaut a interrogé jeudi matin l'accusé, Alain Brondelet, au sujet de la bagarre mortelle qui s'est déroulée le 11 avril 2019, dans un immeuble à appartements à Mons. L'accusé doit répondre de vol avec comme circonstance aggravante qu'un meurtre a été commis. Ce jour-là, Alain Brondelet avait bu une quinzaine de bières, voire plus. La victime, Patrick Candaten, s'est disputée avec deux jeunes venus aider à faire des travaux, dont le neveu de l'accusé. Le ton est monté, des insultes ont été proférées. L'accusé, adepte des sports de combat, a alors frappé Patrick car, dit-il, il se sentait menacé par la victime armée d'un coup de poing américain.

Alain Brondelet lui a porté des coups, mais il ne sait plus combien. Il a ensuite pris l'argent et la carte bancaire de Patrick Candaten. "Je les ai pris sur le coup de la colère, et de l'alcool qui m'a retourné le cerveau", a-t-il exposé au président de la cour d'assises. L'accusé est certain que Patrick était encore conscient lorsqu'il a quitté les lieux, emportant son coup de poing américain. Il ne se souvient plus d'avoir menacé les deux jeunes, témoins de l'agression, avec une bouteille de vodka, "mais je ne vais pas vous cacher que j'avais la haine en quittant les lieux".

Alain Brondelet n'imaginait pas que Patrick allait succomber, quelques heures plus tard, de ses blessures. "Il saignait un peu du nez, il se tenait un peu le ventre. Je lui ai proposé d'appeler l'ambulance, mais il a refusé, me demandant de dégager." L'accusé a été arrêté le lendemain en revenant sur la scène de crime. Entre les faits et son arrestation, il a continué à boire et il s'est rendu avec un ami à Mouscron. Il est revenu en train dans lequel il a encore bu des bières. "Ma mère m'a appelé car la police était passée. Je me suis douté que c'était pour la bagarre. Quand je suis arrivé, je suis resté paf", a-t-il encore raconté.

Alain Brondelet est accusé d'un vol avec violence et circonstances aggravantes de meurtre, de menace et de port d'arme. Il était sous probation au moment des faits. Ses antécédents judiciaires sont lourds. Très nerveux, limite grossier, l'accusé encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité.