De jour comme de nuit, les travailleurs de Carthuplas se relayent pour bloquer l'entrée à l'usine. Depuis lundi 2 novembre à 6 heures, plus aucun camion n'est sorti ou entré à l'intérieur de cette manufacture de Thulin (Hensies), spécialisée dans les emballages de CD et DVD. Les travailleurs se croisent les bras, sous l'impulsion de la CSC, pour protester contre le licenciement de sept ouvriers.

"Il n'y a pas d'évolution depuis plusieurs jours", signale Rico Zara (CSC). "Les travailleurs sont restés en grève durant tout le week-end, 24 heures sur 24. Ils ont reçu le soutien d'autres délégués syndicaux de la région. Mais le mouvement continue, au finish, puisque rien n'a bougé favorablement depuis jeudi dernier."

Ce jour-là, la direction a invité les délégués syndicaux à se remettre autour de la table. Il a été proposé de doubler l'indemnité complémentaire sectorielle payée en cas de licenciement pour raisons économiques ou techniques. "Un travailleur ayant 30 ans d'ancienneté percevrait, selon la proposition de la direction, 700 euros de de complément extra-légal", souligne Rico Zara. "Nos délégués ont exprimé leur colère suite à cette proposition jugée comme misérable. La direction a indiqué qu'elle n'avait rien d'autre à proposer."

Les délégués ont par ailleurs demandé à la direction si elle comptait ouvrir la discussion sur le reste des revendications syndicales, notamment, les alternatives à des licenciements secs par le biais de départ volontaire et de chômage avec complément d'entreprise (RCC) ainsi que le maintien de la délégation syndicale. Mais aucune réponse favorable n'a été donnée jusqu'à présent.

Plus d'une semaine après avoir entamé le mouvement de grève, les travailleurs poursuivent donc leur action. La direction avait remis, quelques jours avant le début de l'action, une lettre de licenciement à sept travailleurs. De 31 ouvriers actifs chez Carthuplas, il n'y aura plus que 24 ouvriers. Selon la CSC, sept travailleurs ont été prévenus de leur licenciement par téléphone le 29 octobre. Et donc sans concertation avec les syndicats.

Les éléments invoqués par la direction pour justifier ces licenciements sont une perte d'activité liée au coronavirus. Elle aurait diminué de 30% par rapport à l’année dernière tandis que le chiffre d’affaires de 2020 devrait baisser de 40% et que 40% du personnel est en chômage corona depuis sept mois. "Pendant que les travailleurs ont dû vivre avec un revenu raboté de près de 30%, la famille Lamerant, propriétaire de l'entreprise, a préparé son plan de licenciement. Le seul et unique objectif était de procéder à un licenciement collectif qui réduisait l'effectif en dessous du seuil pour le maintien de la délégation syndicale."