Les huit premiers locaux scolaires en paille et en bois seront prêts en novembre

Des classes en paille sont en cours de construction sur le sol binchois. C’est une première dans la région, mais aussi en Belgique. C’est le collège Notre-Dame de Bon Secours qui s’est jeté à l’eau en commandant les huit premières classes, dotées de structures préfabriquées en paille. Un projet écologique qui se préparait en coulisse depuis plusieurs années et qui, depuis le début de la semaine, s’érige dans la cour de l’établissement scolaire. Ces huit classes doivent être achevées en novembre.

À la manœuvre, on retrouve la société coopérative Paille-Tech active depuis 2009, qui a plus de trente réalisations à son actif. L’entreprise De Graeve, qui a remporté le marché public, n’a pas hésité à confier le gros œuvre isolé en ballots de paille à la coopérative. L’idée ? Remplacer les anciennes classes temporaires, installées (comme souvent) depuis plusieurs décennies, par un bâtiment préfabriqué isolé en paille et enduit d’argile.

"Afin d’être en phase avec la cohérence de la pédagogie appliquée à l’école, engagée à transmettre des valeurs de respect de l’environnement et d’écocitoyenneté, la direction a fait le choix de montrer l’exemple, explique Julien Lefrancq, coadministrateur de Paille-Tech. Il s’agira d’un bâtiment basse énergie construit avec des matériaux majoritairement d’origine végétale."

Des cloisons extérieures en paille forment donc l’ossature du bâtiment. Préparés durant quatre semaines en atelier, ces panneaux formeront les futures classes. Les murs seront enduits d’argile. L’isolation est optimale et la température plus stable. "Ce sont des classes de grand luxe !" Construire une école basse énergie en paille comporte d’ailleurs de nombreux enjeux. "Pour les utilisateurs, profiter d’un bâtiment sain et très peu énergivore est un enjeu économique et symbolique majeur. Ce chantier ouvre la perspective de produire des bâtiments publics passifs ou très basse énergie en développant une économie circulaire locale."

En effet, la paille utilisée vient d’Hélécine (Brabant wallon) et la terre est issue des carrières de Saint-Aubin (Namur). Quant au bois, c’est en France, en Allemagne et en Autriche qu’il est choisi. "Les matériaux les plus lointains proviennent d’au maximum 800 km. C’est assez rare… En outre, le choix de la paille et du bois permet de stocker du CO2 plutôt que d’en consommer."

À terme, trois classes supplémentaires, un laboratoire et des sanitaires compléteront, en 2018, les infrastructures scolaires. D’ici là, d’autres projets publics pourraient aussi s’inspirer.