En vendant des bouchons à une société de recyclage, il est possible d’acheter une chaise roulante.

Le 15 août 2010, la vie de Patrick Machtelinckx basculait à jamais. Victime d’un accident causé par un chauffard en état d’ivresse, il a été amputé de la jambe gauche en juillet 2014. Après avoir traversé des épreuves difficiles, il souhaite apporter son aide à d’autres personnes en difficulté. Il a ainsi lancé, via Facebook, un appel à la solidarité afin de récolter un maximum de bouchons en plastique afin qu’ils soient recyclés et connaissent une deuxième vie.

"J’ai vu qu’une dame demandait que l’on collecte des bouchons pour aider un enfant de Charleroi qui a besoin d’une chaise roulante", explique le Louviérois. " Je voulais aider et j’avais justement un ami qui avait une chaise. Mais quand je l’ai proposée, la chaise n’était plus disponible et je me suis retrouvé mal pris." Loin de baisser les bras, Patrick Machtelinckx a, à son tour, lancé un appel. "Au départ, j’avais pensé à récolter des dons mais ce n’était pas facile. Donc je collecte des bouchons que j’apporterai ensuite à Charleroi."

Mais atteindre un poids suffisant ne sera pas évident puisque la quantité de bouchons nécessaire à l’achat d’une chaise roulante est impressionnante. " Il faudrait entre 5 à 6 tonnes de bouchons pour pouvoir acheter du matériel." Si le challenge paraît difficilement atteignable, il ne l’est pas si tout le monde y met du sien. "Ça ne coûte rien, les gens doivent simplement penser à garder leurs bouchons."

Pour Patrick Machtelinckx, faire un geste était important. "Je sais ce que c’est que de se retrouver du jour au lendemain en chaise roulante et ne pas en avoir. Pendant 42 mois, j’en ai loué une." Depuis son appel, plusieurs personnes se sont déjà manifestées pour dire qu’elles participeraient à l’action.

Et depuis trois semaines, Patrick Machtelinckx peut à nouveau conduire grâce à sa prothèse et sa voiture équipée en conséquence. "Je peux me déplacer pour aller chercher la récolte, dans le centre de La Louvière et aux alentours si ce n’est pas trop loin . Depuis que je peux reconduire, je revis !"

Aujourd’hui, Patrick mène de front deux combats : celui d’aider d’autres personnes en situation de handicap et faire condamner le chauffard qui a brisé sa vie. "Je livrais du pain et des pâtisseries aux maisons de repos et hôpitaux. Je venais d’effectuer une livraison et m’apprêtais à remonter dans ma camionnette lorsqu’un jeune en état d’ivresse a percuté une voiture qui a été projetée contre la mienne. J’ai été écrasé entre les deux véhicules."

Après une vingtaine d’opérations et aucune amélioration, Patrick a pris la décision d’être amputé en juillet 2014. Quelques mois plus tard, en octobre, il recevait une prothèse.