"Du blé pour étudier, prenez vos responsabilités", c'est l'un des messages qu'une centaine d'étudiants ont lancés au monde politique ce vendredi midi sur la place du Marché aux Herbes à Mons. Ils avaient répondu à l'appel du groupe Comac pour dénoncer la précarité qui touche de nombreux jeunes aux études, ainsi que la détresse psychologique qui en affecte beaucoup après un an de confinement.

"Notre groupe a toujours défendu les intérêts des étudiants en demandant par exemple la réduction des frais de minerval. Il était logique pour nous de mener cette action, car après un an de crise, nous ne sommes pas assez entendus", explique Apolline, l'une des initiatrices de l'action. "J'ai moi-même perdu mon job étudiant et ce n'est pas facile. Il n'y a pas un jour qui passe sans qu'on entende parler des étudiants. Mais ça manque cruellement de mesures structurelles pour répondre à nos besoins durant cette crise. Nous voulons des mesures fortes pour l'aspect financier des études, mais aussi pour le soutien psychologique. À l'UMons par exemple, il y avait une psychologue pour 10.000 étudiants avec trois mois d'attente pour ceux qui demandaient un entretien. Ils viennent d'engager une deuxième personne et c'est très bien. Mais ce n'est probablement pas suffisant et dans d'autres écoles, il n'y a rien."

Léa a justement fait une demande d'aide psychologique en janvier. Étudiante en première année de biologie, elle ne fait pas partie de ceux qui ont positivement gonflé la moyenne lors des examens. "J'ai tout raté", soupire la jeune fille. "C'était ma première année en supérieur et les conditions ne sont vraiment pas évidentes. C'est plus difficile de se faire des amis et de suivre les cours. J'ai envoyé un mail en janvier pour avoir une aide psychologique, mais je n'ai pas encore eu de réponse."

Pas décidés à vouloir tirer sur l'ambulance, les manifestants ne blâmaient pas spécialement leur unif lors de l'action. "Le problème, et il n'est pas nouveau, c'est que l'éducation est sous-financée. La pandémie l'a cruellement démontré. Si les universités et les écoles avaient plus de moyens, elles auraient pu gérer les choses autrement et les étudiants ne seraient pas dans une telle détresse. Si le système n'est pas capable de financer l'éducation correctement, il faut changer le système", estime Samuel, venu soutenir les Montois depuis sa Cité Ardente. "Les étudiants rencontrent les mêmes problèmes partout, que ce soit à Liège ou à Mons."

Dans l'immédiat, les jeunes manifestants aspirent à voir se relâcher la bride du confinement et exigent de mesures de soutien dignes de ce nom.