Mercredi, des détenus ont refusé de quitter le préau pour regagner leur cellule. La tension est forte dans toutes les prisons du pays. 

Les mesures de confinement destinées à contrer la propagation du covid-19 peuvent créer des tensions, particulièrement dans les prisons. C’est le cas à Mons où des incidents ont éclaté mercredi. Des prisonniers ont refusé de quitter le préau pour regagner leurs cellules. La police de Mons a dû intervenir.

Depuis que les mesures de confinement sont en vigueur, les prisonniers sont privés de visites, de permissions de sortie, de nouveaux congés pénitentiaires et de détentions limitées. La tension monte dans toutes les prisons du pays, si bien que des voix s’élèvent pour demander la libération des prisonniers présentant des risques liés au covid-19, mais aussi réclamer l’élargissement des libertés conditionnelles. Dans des prisons surpeuplées en effet, le coronavirus peut faire des ravages. Un cas de covid-19 a déjà été recensé à la prison de Mons.

Le personnel pénitentiaire doit lui aussi composer avec cette situation. Et il n’est manifestement pas suffisamment armé pour y faire face. "Le ministre de la Justice a dégagé des moyens supplémentaires pour acheter du gel et des équipements pour les agents", indique le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin. "Je ne suis pas là pour polémiquer, tout le monde doit être uni pour combattre le coronavirus. Mais le fait d’avoir dû attendre deux semaines pour avoir ce matériel, ça pose réellement question."

Pour le bourgmestre, les prisons demandent plus d’aide. "Il faut d’autres mesures pour apaiser les tensions. Il faut notamment donner les moyens aux équipes pénitentiaires de travailler dans des conditions acceptables. Je suis assez choqué par la situation. Jamais nous n’aurions accepté des choses pareilles à l’échelon local. La priorité est de combattre le coronavirus. Mais quand cette crise sanitaire sera derrière nous, il y aura des questions à poser sur la manière dont les choses ont été gérées", conclut Nicolas Martin.