Le ministère public a requis devant le tribunal du Hainaut, division de Mons, des peines de 8 à 15 ans de prison contre six SDF poursuivis pour avoir torturé un homme souffrant d'un léger retard mental en juillet 2020 à Mons. Les auteurs ont fait usage de lames de rasoir et d'allumettes pour commettre les faits. La victime a été placée en incapacité de travail de plus de quatre mois après être restée quarante jours dans le coma. Le 16 juillet 2020, un promeneur a retrouvé M.D.couché sur le sol non loin du stade Tondreau à Mons. Il avait le visage ensanglanté et une profonde entaille au bras. Transféré à l'hôpital, M.D est resté quarante jours dans le coma.

Les caméras de surveillance ont été exploitées et des suspects ont été identifiés, dont un couple de SDF spécialisé dans l'agression de personnes précarisées. F.M, 39 ans, a été placé sous mandat d'arrêt le 18 juillet 2020. Lui et sa copine C.F ont très mauvaise réputation dans le milieu des SDF. F.M est en état de récidive après avoir écopé de 20 mois de prison en mars 2015 pour vol et incendie. Son casier judiciaire mentionne d'autres condamnations. Il est en aveux des coups portés à la victime, notamment avec une lame de rasoir. Sa compagne avoue avoir porté des coups de marteau dans les genoux de la victime. Une peine de 15 ans a été requise contre F.M et 8 ans contre sa compagne.

Outre le couple, d'autres individus sont prévenus dans ce dossier. A.C, âgé de 21 ans, a été placé sous mandat d'arrêt le 18 juillet 2020 puis placé sous surveillance électronique le 18 mars 2021 par un arrêt rendu par la chambre des mises en accusation. Il est en aveux des coups et a fait savoir qu'il voulait se venger de M.D, lequel avait glissé une pilule de méthadone dans sa bière à son insu. Il encourt une peine de 12 ans. A.B, 31 ans, condamné d'une peine avec probation dans l'affaire des faux tickets Tomorrowland, sollicite son acquittement alors qu'il encourt huit ans.

Les autres prévenus, dont certains contestent les faits, n'étaient pas présents à l'audience. "Pendant plus d'une heure, ils ont fait subir un véritable calvaire à la victime, ils sont dépourvus de toute humanité", a déclaré le substitut du procureur. Des peines de 8 à 10 ans ont été réclamées par le ministère public. Des peines assorties d'un sursis probatoire ont été plaidées par la défense.

Le jugement sera prononcé le 26 mai.