Mons La majorité PS/cdH a décidé de dire "stop à la politique d'obstruction agressive du MR"

"C'est un spectacle qui est lamentable mais ce n'est pas du fait de la majorité", rétorque Elio Di Rupo (PS), bourgmestre de Mons, qui présidait ce lundi soir la séance houleuse du conseil communal. "Nous avons vécu durant des années avec le MR dans la majorité au sein du collège. Nous avons tenu des conseils communaux tous les mois. Ces conseils débutaient à 18 heures et se terminaient vers 10 - 11 heures, et pour les budgets vers minuit. Mais il y avait un respect entre la majorité et l'opposition. Chacun essayait d'être concis sur le sujets."

Selon le PS en majorité à Mons, la donne a changé depuis que le MR a été renvoyé dans l'opposition. "Depuis lors, c'est devenu impossible au conseil communal. A chaque fois, nous devons aller jusqu'au milieu de la nuit. Le MR monopolise la parole d'une manière inimaginable. Sur des queues de cerise, ils en font un drame, ... Tout cela pour occuper l'espace de parole de l'assemblée. La démocratie, ce n'est pas cela ! Mais bien de travailler d'une manière efficace, la majorité PS/cdH n'a rien interdit. Nous respectons strictement la loi. Le règlement d'ordre intérieur dit que c'est le conseil communal qui est maitre de son ordre du jour et c'est le conseil qui décide si oui ou non, nous examinons un point."

Reste qu'aucune motion du MR n'a été examinée. "Si nous n'avons pas voulu examiner le motions de Georges-Louis Bouchez, ce n'est pas du tout parce qu'on ne veut pas de motion. Mais nous voulions montrer qu'à un moment donné, il faut revenir à une situation raisonnable. Je suis ouvert, tout le monde peut attester que j'ai toujours été extrêmement ouvert et tolérant. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Nous sommes dans une situation où il y une sorte de harcèlement politique systématique qui dure des heures," poursuit Elio Di Rupo.

Le groupe PS a communiqué dans la nuit :"les conseils communaux sont devenus des arènes d’invectives et d’agressivité d'un niveau jamais vu en Wallonie. À lui seul, un membre du groupe MR monopolise de 30 à 40% du temps de parole du conseil qui compte 45 membres! Cette attitude, qui a gagné en intensité depuis la diffusion des conseils sur Facebook, se traduit par une recherche systématique par le MR de la polémique, la tenue de propos agressifs et outranciers à l'égard d'autres membres du Conseil, qu'ils soient issus de la majorité ou de l'opposition."

Quel était finalement l'objectif de ce refus systématique de la prise en considération des motions émanant principalement du groupe MR? "En refusant de débattre sur des points à l'ordre du jour, la majorité PS/cdH dit stop et montre qu'il faut changer de technique. Certains ont demandé qu'il y ait une réunion de concertation pour discuter des modalités, j'y suis ouvert mais il faut que ça reste raisonnable. Sinon sur chaque point un peu particulier de l'ordre du jour, on est parti pour des tirades. On se croit non seulement au parlement mais surtout dans un ring de boxe, sans les règles de la boxe."