À Mons, le directeur de l'école libre du Sacré-Cœur doit s'organiser dans l'urgence.

Depuis l'annonce de la ministre Caroline Désir ce mercredi soir, c'est le branle-bas de combat en interne dans les écoles de la région. Beaucoup d'enseignants et de parents crient au scandale, d'autres tentent de relativiser. Mais tous doivent désormais accepter cette décision et se préparer le plus rapidement et de la meilleure manière possible.

"C'est très difficile comme situation", confie Yves Campion, directeur de l'implantation de l'école libre Sacré-Cœur de Mons qui accueille sept classes de maternelles et six classes de P1 et P2. "Mes enseignants sont très fâchés. Ils se sont investis pour l'organisation des rentrées précédentes. Tout a été organisé de manière très professionnelle. Et maintenant, tout cela tombe à l'eau."

Au sein de l'école libre Sacré-Cœur, il a d'ores et déjà été décidé de repousser au 8 juin le retour des classes de maternelle, au terme d'une réunion organisée ce jeudi après-midi avec le corps enseignant. "Nous avons besoin de temps pour nous préparer. Il était impossible d'être prêt pour le mardi 5 juin."

Et cette organisation est importante. "Les enfants de primaire qui sont revenus à l'école cette semaine seront encore en petits groupes la semaine prochaine. Puis dès le 8 juin, tout le monde sera à nouveau ensemble et il y aura des écarts au sein des classes. Cela sera très difficile à gérer. En parallèle, il ne faudra pas laisser de côté ceux qui prennent la décision de ne pas revenir. Nos enseignants auront leurs 5 journées de cours à gérer puis devront encore s'occuper de ces enfants-là. Cela devient impossible. Surtout que certaines enseignantes présentent des risques au niveau santé et il n'est pas impossible qu'elles soient absentes."

Ajoutons à cela tout l'aspect logistique et organisationnel. "Certains locaux n'ont plus été nettoyés depuis le début du confinement. Il faut par ailleurs appliquer un nettoyage plus strict. De même, il faudra probablement envisager des horaires décalés, selon les années ou les classes, pour éviter des regroupements de parents. Je dois parallèlement contacter chacun d'entre eux. Nous avons du pain sur la planche... Les trois jours de ce long week-end de Pentecôte seront consacrés à toute cette organisation."

> Des élèves pourraient-ils être sanctionnés si les parents refusent de les mettre à l'école? La ministre Désir fait le point.