Mons L’ex-bourgmestre de Colfontaine comparait pour faux, détournement d’argent public et abus de biens sociaux

Patrick Piérart, ancien bourgmestre de Colfontaine mais toujours conseiller d’opposition, est poursuivi depuis des lustres par la justice pour une série de dossiers relatifs à des présumées malversations. La justice montoise a finalement décidé de le renvoyer en correctionnelle sur ses activités à l’Intercommunale du réseau social d’insertion et d’accueil (Irsia). Une structure publique qu’il a présidée de 2001 à 2007.

Le ministère public lui reproche un faux (et son usage) d’une souche de restaurant, des détournements d’argent public via des notes de frais de restaurant non justifiées et un abus de bien social suite à l’acquisition par l’Irsia d’un véhicule à son usage exclusif. Autant écrire que les préventions qui sont retenues ne sont pas anodines pour un mandataire politique. Reste que Patrick Piérart nie fermement et réclame son acquittement pur et simple.

La période infractionnelle est longue, elle s’étale du 17 avril 2001 au 1er juillet 2007. Et la question de la prescription des faits se pose au tribunal. Selon les calculs du ministère public, le délai ne sera atteint que le 9 février 2018. Selon la défense, le délai a été atteint le 2 novembre 2017. Le tribunal estimera.

Cette instruction d’audience a surtout permis à Patrick Piérart de donner sa version sur les faits reprochés. Car pour lui, il ne fait aucun doute : "c’est une cabale politique". Les notes de restaurant sont directement liées à ses activités de président de l’intercommunale. L’Irsia avait des activités commerciales avec différents organismes, publics ou privés, dans le but de créer des partenariats pour ses quelque 300 travailleurs, souffrant d’un handicap.

"Je me rendais au restaurant une à deux fois par semaine avec des partenaires potentiels, j’ai très probablement oublié de rentrer certaines notes de frais vu mon manque d’ordre administratif ", a indiqué Patrick Piérart. "Les activités de l’Irsia consistaient à trouver du travail adapté pour des personnes présentant un handicap physique et de rentabilité." Le prévenu a précisé que son salaire de président s’élevait à 400 €/mois.

Selon les déclarations qui composent le dossier (certaines d’adversaires politiques), aucun autre président de l’Irsia n’avait jamais rentré de notes de restaurant. L’abus de biens sociaux consistait, selon le ministère public, en l’utilisation privée et exclusive d’un véhicule Peugeot 607 par le prévenu en tant que président de l’intercommunale. Ce véhicule a finalement été rendu six mois après. Piérart affirme qu’il avait obtenu un accord verbal de son ex-famille politique. Un accord qui n’est confirmé par personne, même si le comité de direction de l’Irsia l’avait validé.

Le ministère public a réclamé six mois de prison avec sursis et une peine d’amende. Le tribunal tranchera à la fin du mois prochain.