On a discuté réchauffement climatique et marche des jeunes avec le docteur.

Jeudi, Nicolas Hulot était de passage dans la Cité du Doudou où il s’est vu remettre par l’UMons l’insigne de Docteur Honoris Causa.

Voilà plusieurs années que vous sensibilisez l’opinion publique à la protection de la planète. À présent, pas un jour ne passe sans que les médias n’abordent la question du réchauffement climatique. Pourtant, les avis des experts sont toujours alarmants. Que manque-t-il ?

Il manque une volonté et une intelligence collective. Nous sommes face à un enjeu universel. On ne le réglera que si chacun prend sa part. Il manque aussi une certaine conscience : si on veut atténuer les effets du changement climatique notamment, c’est le modèle économique dominant qu’il faut remettre à plat. Il ne suffit pas de le corriger, il faut le reconstruire sur de nouvelles bases. Car c’est ce modèle économique, basé sur l’exploitation infinie de ressources finies, qui est à l’origine des désordres écologiques.

Vous avez quitté le gouvernement d’Emmanuel Macron en déclarant que les petits pas ne suffisaient pas. Pensez-vous que les dirigeants politiques seront à même de remettre à plat ce modèle économique dominant ?

Je ne peux pas le garantir. Mais peut-être qu’avec cette voix de la jeunesse qui émerge, les responsables politiques se sentiront tout d’un coup investis non plus en tant que responsables politiques mais en tant que parents. Ça pourrait les faire passer de l’expression à l’action. Les jeunes nous demandent de ne pas voler leur avenir, de parler moins pour agir. Ils nous demandent de changer de modèle. Dans une démocratie, il est du devoir des politiques d’entendre cette voix de la jeunesse tant qu’elle manifeste pacifiquement et ne change pas de registre.

Justement, ici en Belgique, nous avons connu de nombreuses marches pour le climat menées par les jeunes. Quel message leur adressez-vous ?

Ne cédez pas à la violence, mais ne baissez pas les bras. Continuez d’interpeller, de proposer. Ne cédez pas à la résignation.