Entre le baron François Duesberg et la Ville de Mons, les relations ont toujours été très versatiles et il en sera sûrement ainsi jusqu'au dernier souffle du baron. Âgé de 89 ans, veuf depuis le mois d'octobre, le baron sent que la fin de sa vie se rapproche. "Quelques mois, selon les médecins", témoigne-t-il. Mais son esprit n'est pas encore apaisé. En cause: une convention de donation entre lui et la Ville de Mons qui tarde, selon le baron, à aboutir.

Celle-ci a été annoncée en 2020 et porte sur environ 4000 pièces. Mais l'acte notarié n'a toujours pas été signé et la convention de donation n'est donc pas enregistrée. Et de s'inquiéter qu'elle ne soit donc pas opposable à des tiers qui pourraient tenter d'obtenir "tout ou partie de cette donation". François Duesberg dit craindre pour l'intégrité des collections de son musée une fois qu'il sera passé de l'autre côté, et s'interroge sur la volonté de la Ville de pérenniser le musée. Un musée unique à l'aura internationale, qui collectionne les étoiles au Guide Michelin et cumule les avis dithyrambiques sur Trip Advisor.

Du côté de la Ville de Mons, on rassure. "Le projet d'acte authentique a été finalisé par le notaire la semaine dernière", indique l'échevine de la Culture Catherine Houdart. Etablir ce projet d'acte a pris du temps en raison d'un inventaire précis à effectuer et d'un montant à fixer, un montant déterminant pour le calcul des droits de donation. "Une analyse doit être faite en interne par rapport à la proposition du notaire, puis présentée au Baron, recueillir son assentiment et enfin fixer une date pour la signature."

Bref, la Ville de Mons ne se désintéresse pas du tout des œuvres du musée, quand bien même le baron a parfois l'impression du contraire. Le caractère tempétueux du Baron et les contraintes administratives et légales auxquelles doit se plier la Ville, font que les deux entités rament à un rythme différent et cela suscite parfois des remous et incompréhensions.

Ainsi, l'idée lancée en 2020 par le baron de créer un salon d'apparat dédié à l'art décoratif montois dans la salle de la Toison d'Or (l'ancien office du tourisme) progresse peu et en est juste au stade de la ligne budgétaire. Mais malgré les obstacles, des accords aboutissent parfois. Si la donation en cours d'élaboration se conclut, il s'agira de la troisième établie entre les deux parties.

Et probablement de la dernière. Elle permettra au baron François Duesberg de rejoindre son épouse et de décorer le ciel avec elle, l'esprit tranquille, avec la certitude que la Ville de Mons prendra soin du musée auquel il a consacré une vie.