Le comité la Nature sans Friture devra encore prendre un peu patience. Il y a un peu plus de dix jours, Florence Defourny s’adressait au parlement wallon afin de sensibiliser les députés à la demande de modification du plan de secteur du périmètre Donaire, à Frameries, afin que les industries lourdes – et donc Clarebout – ne puissent pas s’y implanter. Ce mardi, le sujet a été réabordé en commission mais aucune décision n’a été prise par le ministre compétent, Willy Borsus (MR).

En effet, celui-ci attend de disposer de l’ensemble des pièces du dossier et des avis des pôles aménagement du territoire et environnement, du fonctionnaire-délégué et de la direction de l’équipement des parcs d’activités. Ce n’est qu’alors que le ministre de l’aménagement du territoire sera pleinement saisi du dossier. "Lorsque j’aurai reçu toutes ces pièces, je me rendrai sur place afin de me rendre compte des impacts potentiels du projet, des enjeux, des volumes,…", a-t-il assuré, rappelant que la prudence était de mise afin de ne pas laisser la porte ouverte aux recours.

Une fois cette visite de terrain bouclée, la décision finale sera prise. Le comité va donc encore devoir patienter mais à ce stade, il peut garder espoir de voir sa demande soutenue. En effet, l’ensemble des députés dit avoir pris conscience de la nécessité, pour les riverains et plus globalement pour les habitants de toute une région, de s’opposer à l’implantation d’industries lourdes sur le site Donaire.

À l’unanimité, ils ont d’ailleurs souligné la présentation du dossier par Florence Defourny au nom du comité la Nature sans Friture. "Elle a permis aux parlementaires qui ne sont pas de la région concernée d’avoir une vision plus claire du dossier", a estimé Marie-Martine Schyns (CdH). "Le fait que trois communes soutiennent la demande de révision du plan de secteur est un signal important."

Frameries, Mons et Quévy en formulent effectivement la demande. "Tout le monde a compris le bien-fondé de la démarche du comité, que nous soutenons afin de stopper le développement d’un projet qui est nuisible pour les riverains et leur santé mais aussi pour toute une série de citoyens au-delà de la commune de Frameries", a de son côté insisté Joëlle Kapompole (PS). De même, pour Manu Disabato (Ecolo), le discours des citoyens doit être entendu.

"Leur demande doit être prise en compte : elle ne se veut pas extrémiste, ils demandent que sur ce site, en raison de sa localisation, aucune industrie lourde ne puisse s’implanter mais que de petites entreprises puissent, elles, le faire." Pour le Framerisois comme pour le MR, représenté ce mardi par Sabine Laruelle (Jacqueline Galant, attentive au dossier, étant retenue dans une autre commission), la nuance est évidemment importante puisque les enjeux économiques doivent être pris en compte.

L’analyse de la pétition introduite par le comité et signée par plus de 2000 personnes est désormais clôturée. La balle se retrouve dès lors dans le camp du ministre Borsus.