Si le beau temps est de la partie, on peut s’attendre à une affluence exceptionnelle lors du prochain Doudou. Car après deux ans de privations, les Montois trépignent d’impatience de retrouver leur ducasse. Qui plus est, la Ville de Mons s’est associée cette année à la RTBF pour promouvoir différentes facettes de l’événement. De quoi susciter l’attention des forces de police, qui se préparent à gérer une foule plus importante que lors des éditions précédentes, et au profil différent.

La zone de police Mons-Quévy a donc revu à la hausse le nombre de prestations policières opérées au cours de cette semaine de ducasse, qui s'élèvera à 1660. Deux moments focaliseront particulièrement l’attention : les concerts d’ouverture le vendredi soir et le combat dit Lumeçon, dimanche sur la Grand-Place, où plus de 300 policiers seront mobilisés sur la journée.

“Nous avons eu la surprise de découvrir qu’un des chanteurs serait le rappeur français Black M”, expliquent les instances de la zone de police. “C’est clair que nous ne sommes pas dans la lignée la plus dure des rappeurs, mais ce style de musique pourrait amener une population différente” de celle à laquelle étaient habituées les forces de l’ordre lors du concert du vendredi. Lorsqu’il était organisé par Sud Radio, “l’événement était quelque chose de très familial. On se souvient de la farandole géante lors du concert de Mister Cover qui a réuni plus de 30 000 personnes. Là, avec ce profil un peu plus particulier, il risque d’y avoir des amateurs venant de régions plus éloignées : le nord de la France, la région de La Louvière, Charleroi, voire Bruxelles. On a donc relevé le curseur au niveau de la sécurité et le dispositif policier sera renforcé dans l’optique de ce concert un peu particulier. Mais nous espérons néanmoins que tout se passera bien.”

Autre point d’attention : la gestion de la foule lors du combat. Le matraquage publicitaire sur les médias de la RTBF risque là aussi d’attirer de nombreux néophytes lors du point d’orgue des festivités. Et la police devra peut-être prendre des mesures radicales en fonction de la situation. “Nous pourrions être amenés à fermer certains accès, voire tous, à la Grand-Place.” Une mesure afin d’éviter les problèmes de compression, qui pourraient avoir des conséquences dramatiques en cas de mouvement de panique. Il s’agit aussi de garantir un accès aux services de secours. Si une telle décision devait être prise, elle le serait en concertation avec les autorités administratives et les services de secours.

Attention aux piqûres

Autre phénomène auquel la police sera particulièrement attentive durant les festivités : les attaques à la seringue, qui se multiplieraient. “Rien n’est encore démontré, mais l’actualité rappelle que nous devons apporter une réponse adéquate.” Concrètement, une procédure a été adoptée conjointement avec le parquet en cas de plaintes liées à ce type d’attaque. Celles-ci feront l’objet d’une enquête pour coups et blessures volontaires. “Un dossier sera établi et considéré comme prioritaire par la zone de police et le parquet. Si des éléments peuvent démontrer qu’il y a eu une tentative d’empoisonnement, le dossier sera instruit prioritairement.”