Des parents sur une même liste ? Ils ne pourront pas siéger ensemble au conseil à Mons, Quévy et Colfontaine

Ils sont mère et fils, mari et femme ou frère et sœur. Ils se présentent ensemble sur une même liste pour les élections d’octobre. Toutefois pour eux, l’histoire finira comme dans Highlander : il ne peut en rester qu’un.

En effet, le Code de la démocratie locale prévoit des incompatibilités familiales en matière d’élections. Concrètement, des membres d’une même famille peuvent se présenter sur des listes différentes ou sur une même liste. Mais si le verdict des urnes leur est favorable, il leur faudra faire un choix. Ainsi, des personnes mariées, des cohabitants légaux et des parents jusqu’au deuxième degré ne peuvent pas siéger ensemble au sein d’un même conseil communal.

Le phénomène n’est pourtant pas rare. À Ecaussinnes par exemple, presque toutes les listes comptent des membres d’une même famille. C’est le cas notamment du mouvement ACE, emmené par Christine Hemberg. Elle compte également son neveu, son fils et sa belle-sœur. "Il y a un tel rejet de la politique, tous les partis sont confrontés au problème de composer une liste complète", explique Christine Hemberg. "Pour nous, les liens de parenté ne sont pas un problème à partir du moment où c’est transparent. Dès l’introduction de notre programme, nous précisons que certains candidats sont là pour s’investir, d’autres pour soutenir."

À Braine aussi, on compte des doublons sur certaines listes. Mais pas celle du bourgmestre qui, lors de la présentation, mettait un point d’honneur à dévoiler 27 "vrais" candidats. "Je ne suis pas favorable aux candidats d’une même famille, car ça peut présenter des problèmes d’effectivité", tranche Maxime Daye. "Si un parti décroche dix sièges et qu’en cours de mandature, il doit faire appel à des suppléants, il pourrait être confronté à des problèmes d’inéligibilité en cas de doublons sur la liste."

Dans les faits, les problèmes d’incompatibilités familiales ne tombent pas souvent. Mais cela peut arriver. À Écaussinnes toujours, l’ancienne bourgmestre Béatrice Bulteau avait dû renoncer en 2012 à un siège de conseillère au profit de son fils, Xavier Godefroid.

A COLFONTAINE Mike Bry occupe la 3e place sur la liste Oxygène. Son épouse Muriel Morin l’accompagne, à la 14e. Ils savent qu’ils ne pourront siéger ensemble s’ils sont élus. "Oui, nous en avons parlé et nous avons convenu que ce serait moi qui siégerais s’il fallait faire un choix", indique Mike Bry. "Nous avons commencé notre combat ensemble à Colfontaine en nous mobilisant contre la fermeture de l’école de notre fille. C’était logique pour nous de continuer ensemble en nous engageant en politique."

A MONS Obtenir au moins un siège au conseil communal pour avoir accès à l’information et la relayer à la collectivité, c’est l’objectif annoncé par la liste CitoyenS dans la cité du Doudou. Cet élu, ça pourrait être Nadia Dupont ou François Mansy. Mais pas les deux en même temps, ils sont mère et fils. "Pour François, se présenter est déjà une expérience et une forme d’engagement, explique Nadia Dupont. Mais rien n’est joué. Si la question devait se poser, cela se discutera au sein de notre groupe, en fonction des résultats."

A QUÉVY Sur la liste MR +, Muriel Cochez et Gregory Vita sont en couple. Mais ils ne sont pas mariés ni même cohabitants légaux. Par conséquent, si les votes leur sont favorables, ils seront autorisés à siéger ensemble au conseil communal. Signe que le code de la démocratie locale n’est pas adapté à l’ère du temps ? Par contre, la situation pourrait être plus compliquée pour Victoria et Marc-Antoine Dupont. La première est candidate MR +. Le second sur la liste Ensemble dès demain. Frère et sœur, le nombre de voix les départagera pour un éventuel accès au conseil.