Alors que l’hiver frappe à nos portes, un jeune couple se retrouve dans une situation dramatique.

Il y a des histoires terribles qui peuvent frapper les accidentés de la vie. C’est le cas de ce couple de Montois qui se retrouve à la rue alors qu’ils attendent un "heureux" événement. Patricia, une Sonégienne, les accompagne dans leurs démarches pour essayer de les sortir de cette impasse.

Une course contre la montre dans les dédales de l’administration publique pour éviter que l’enfant ne soit arraché à ses parents à la naissance et faire en sorte que la grossesse se termine dans de meilleures conditions, alors que la maman souffre déjà d’une phlébite à la jambe.

"Ils ont tous les deux 25 ans", nous explique Patricia au sujet du jeune couple qui préfère garder l’anonymat, honteux de cette situation qu’il n’a pas désirée. "Ils vivaient avec la mère de la jeune femme, mais c’était visiblement une dame qui avait des difficultés à gérer son argent. Il y a six mois, ils ont été expulsés de leur logement. Le couple n’a plus de relations avec la mère et il se retrouve à la rue. Enfin, pour être précise, ils dorment dans un garage, sans eau, ni chauffage, ni électricité. J’essaie de les accompagner au mieux dans leurs démarches pour trouver une solution. Ce sont des gens bien. Ils n’ont pas d’addictions. Malheureusement, je n’ai pas la possibilité de les loger. J’avais les larmes aux yeux lorsque j’ai dû les reconduire à leur garage hier soir."

Alors que la Ville de Mons vient d’activer son Plan Grand Froid, augmentant ses capacités d’accueil pour les sans-abris, ce drame témoigne qu’il est encore possible de passer entre les filets des institutions. "Ils préfèrent encore leur garage à l’abri de nuit, car ils y seraient séparés et ont peur d’y faire de mauvaises rencontres", poursuit Patricia.

"Nous avons fait une demande pour un logement social, mais ils sont loin d’être en haut de la liste d’attente, notamment parce qu’ils n’ont pas encore été radiés de leur ancien logement. Nous avons donc aussi entamé des démarches pour régler cette affaire-là. Nous essayons plusieurs pistes. Le compagnon songe aussi à l’idée qu’ils se séparent le temps de permettre à la maman de trouver une structure d’accueil. Il a de son côté entrepris des démarches pour suivre une formation. Ce qu’ils veulent absolument, c’est avoir un logement pour la maman et le futur bébé. Ils ont déjà eu quatre enfants qui ont dû être placés. L’idéal serait qu’il trouve un toit pour fonder leur famille."

Du côté du CPAS de Mons, on confirme que des contacts ont été pris. Différentes pistes d’accueil d’urgence ont été proposées en attendant la possibilité de trouver un logement social. Mais des démarches administratives doivent encore être effectuées, sous l’encadrement d’une assistante sociale. "Nous avons encore des formalités à remplir", confirme Patricia, toujours aux côtés du malheureux couple. "Il y a notamment un changement d’adresse et un transfert de carnet de mutuel à effectuer. Les choses se mettent en place, mais le CPAS nous dit que certaines attestations importantes ne pourront pas être délivrées avant plusieurs semaines. Nous espérons qu’une solution pourra être rapidement trouvée."