Mons Un entrepreneur se propose de développer un projet novateur au domaine de Pincemaille

Ancien lieu de villégiature, le domaine de Pincemaille s’est mué, au fil des années, en véritable cour des miracles. Délinquance, rats, gale sont devenus le quotidien des personnes en situation précaire qui peuplent les bois, dans des chalets ou des caravanes.

Le domaine de Pincemaille est au cœur des préoccupations tant de la Région wallonne que de la commune d’Estinnes qui essaie de reloger les habitants dans de meilleures conditions. Mais la tâche est difficile. Impossible, par ailleurs, de faire une croix sur ce domaine qui constitue, pour de nombreuses personnes, le dernier rempart avant la rue.

Le tableau est sombre . Et voilà qu’un entrepreneur se propose de faire du domaine de Pincemaille un éco-quartier du futur, véritable modèle à l’échelle européenne. C’est le pari fou de Robert Jolé. Âgé de 65 ans, cet entrepreneur a roulé sa bosse dans la construction. "Nous avons développé un système de production à partir d’ossatures en bois qui permet de diviser par deux les heures de travail nécessaires à la construction d’une maison passive", assure Robert Jolé.

Après avoir entendu parler du domaine de Pincemaille, "bidonville de 55 ha", et après s’être entretenu avec le propriétaire des lieux, "un homme dépassé à qui on enfonce la tête sous l’eau", Robert Jolé a eu l’idée de développer un projet novateur.

"Nous pouvons remettre en état les voiries, créer des égouts et des impétrants, produire de l’énergie verte, produire des fruits et légumes via la permaculture, traiter les eaux grises et noires, traiter les déchets organiques, produire des maisons à ossature en bois et vendre des maisons aux familles aisées au prix du marché", promet Robert Jolé.

Tel un Robin des Bois, l’entrepreneur se propose d’investir les bénéfices de la vente aux familles aisées pour créer des résidences pour seniors, des logements sociaux, des crèches et des garderies ainsi que des commerces et des services. "Au domaine de Pincemaille, nous pourrions construire au minimum 250 logements avec plus de 300 emplois à la clé dans la construction et les services aux personnes", conclut l’entrepreneur. "Et ça ne coûtera rien à la collectivité." Serait-ce Noël avant l’heure à Estinnes ?