La guerre en Ukraine aura des répercussions sur nos universités et hautes écoles. Parmi les milliers de civils qui fuient la guerre et demandent asile en Belgique se trouvent des étudiants et des chercheurs qui ont dû interrompre brutalement leurs études et qui essaieront de les poursuivre.

A l'UMons, on entend se mobiliser. Après avoir rapatrié les étudiants belges qui se trouvaient en Russie, elle se penche sur la situation des étudiants exilés. "Ca fait une semaine que je reçois des dossiers d’étudiants d’origine ukrainienne, mais aussi d’origine étrangère qui suivaient leurs études en Ukraine, qui demandent s'il est possible d'envisager une admission à l’UMons", témoigne Adeline Delor, du service des relations internationales.

"Jusqu’à présent, nous avons reçu une vingtaine de demandes, mais cela va crescendo. La priorité pour eux, c'est de se loger." Pour faire face à la situation, l'université s'apprête à réactiver son Programme d'Accueil aux Etudiants Réfugiés. Ce service a vu le jour en 2015 suite à la guerre en Syrie et propose des cours intensifs de français, une aide administrative et financière, ainsi qu’une aide pour trouver un logement universitaire.

"La priorité sera l'intégration immédiate dans les cours de Français Langue Etrangère grâce à un partenariat avec l'école de promotion sociale de Mons et Jemappes." Ensuite, un suivi administratif individualisé sera mis en place pour la traduction de documents, traiter les questions d'équivalence de diplôme, etc. Si besoin, l'université travaillera avec les CPAS des villes où seront hébergés ces étudiants. L'objectif sera de finaliser les premières admissions pour l'année académique 2022-2023.

Outre l'UMons, ce sont 35 institutions d'études supérieures qui s'impliqueront dans l'accueil d'étudiants en provenance d'Ukraine à travers le Pôle Hainuyer, qui permettra de coordonner les actions et d'orienter les demandes le plus adéquatement possible en fonction du profil des étudiants. "Si un étudiant infirmier nous sollicite, on redirige par exemple vers d'autres hautes écoles proposant ce cursus."

Autre initiative mise en place à l'UMons: la Faculté de Traduction et d'Interprétation a créé un réseau de volontaires connaissant l'ukrainien ou le russe afin d'apporter un soutien linguistique pour épauler les services d’interprétation en milieu social, les structures publiques et les communes. Il s’agira d’offrir gratuitement une aide en traduction et/ou en interprétation pour faire face aux premiers besoins. Les volontaires peuvent en envoyant un courriel à: ualinguistichelp@outlook.com en mentionnant nom, langues de travail, disponibilité, région où d'intervention, et numéro de téléphone.

Liens coupés avec des universités russes

Alors que l'UMons s'apprête à accueillir les réfugiés ukrainiens à bras ouvert, elle a dû se résoudre à couper les liens institutionnels avec une série d'universités russes. Les recteurs et rectrices belges ont annoncé jeudi qu'ils suspendaient leurs relation avec les universités dont les recteurs ont signé une déclaration ferme soutenant la décision de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine.

Une décision qui a finalement un impact réduit pour l'UMons: "nous n'avons que peu d'échanges avec la Russie car nous étions toujours sous l'effet de la crise Covid qui a affecté ces échanges", explique Philippe Dubois. "En nos murs, nous n'avons que 8 étudiants russes, 4 en traduction et 4 à la Polytech dans le cadre de programme Erasmus. Ceux-ci ont été rassurés et pourront terminer leur cursus chez nous, ce qu'ils souhaitent d'ailleurs."

Mais ils seront les derniers à être accueillis chez nous dans le cadre d'un Erasmus avant un moment, tout comme l'UMons n'enverra pas d'étudiants en Russie jusqu'à ce que les liens institutionnels soient rétablis, et donc l'invasion ukrainienne stoppée. Néanmoins, pas question d'interdire l'accès aux étudiants et chercheurs russes qui souhaiteraient venir étudier chez nous de manière individuelle. "Tout le monde est le bienvenu." Mais le blocage des frontières rend ce cas de figure hypothétique.