Si les étudiants sont encore dans l’incertitude quant au déroulement de la rentrée scolaire prochaine et plus globalement du début de l’année académique, une chose est d’ores et déjà certaine : elle sera peu commune… Et amputée de sa traditionnelle bleusaille. La plupart des facultés montoises ont en effet déjà tranché la question et décidé, à contre-cœur, d’annuler son organisation afin de ne prendre aucun risque alors que le contexte sanitaire reste sensible.

Du côté de l’Université de Mons, les bleusailles sont particulièrement bien encadrées. La décision a donc été prise à l’issue de discussions regroupant d’une part les autorités académiques et, d’autre part, les représentants des différents cercles estudiantins. "Nous profitons traditionnellement des locaux de l’université pour organiser notre bleusaille", explique Clarisse Hubert pour le comité des fêtes de la faculté d’architecture et d’urbanisme.

"L’Université nous a annoncé que cela ne serait pas possible cette année. Nous avions la liberté de trouver d’autres locaux, en dehors du site, et d’en assumer la responsabilité mais nous n’avons pas souhaité aller dans ce sens, d’autant plus que nous aurions dû nous assurer que chacun porte bien son masque. Nous en avons discuté au sein du comité et la décision s’est imposée. La santé doit primer sur le reste."

Le discours est sensiblement le même du côté du comité des fêtes de la Faculté Polytechnique. "La bleusaille ne pouvait être organisée dans les bâtiments ou sur les sites facultaires", confirme Bastien Van Esbeen. "Nous aurions pu chercher d’autres alternatives mais il nous semblait plus judicieux de suivre l’avis des autorités académiques, avec qui nous entretenons de très bonnes relations depuis de longues années. L'évolution de la situation nous conforte dans l'idée que c'est la décision qu'il fallait prendre."

En dehors de l’Université de Mons, le cercle ISIMs s’est aligné sur ces décisions. "Nous ne sommes pas liés par les décisions prises au sein des cercles de l’UMons mais il s’agissait de cohérence", explique Sarah Abderakib, déléguée communication. "Nous en avons longuement discuté entre nous, certains espéraient encore pouvoir l’organiser en septembre mais la situation nous semble trop complexe, trop incertaine. Pour la santé de tous, mieux vaut être raisonnable et sacrifier cette année."

D’autres facultés, par exemple Warocqué au sein de l'UMons, ne se sont pas encore officiellement prononcées. Mais l’on sait déjà que l’annulation des bleusailles en septembre aura des conséquences sur le moyen et le long terme. Financières bien sûr, mais pas seulement. "Il faudra malgré tout assurer la relève au niveau des comités et des différents cercles internes aux facultés", ajoute Bastien Van Esbeen. " Il ne faut pas non plus que nous nous retrouvions avec 300 bleus en septembre 2021. Ce ne serait pas gérable."

Si un vaccin était rendu disponible d’ici là, certains cercles n’excluent pas la possibilité d’organiser leur bleusaille dans le courant du deuxième quadrimestre. Les conditions seront cependant strictes et l’intérêt social probablement moindre, la bleusaille devant notamment permettre aux nouveaux étudiants qui le désirent de s’intégrer et de nouer des liens forts avec leurs camarades de "galère."

Philippe Dubois, Recteur de l'Université de Mons: "Ils font preuve de bon sens"

"Nous avons travaillé en plusieurs temps. Fin mai, nous avions rencontré les syndicats et les représentants des étudiants afin d'annoncer qu'aucune activité extra-académique ne serait organisée sur les campus à la rentrée, en vue de privilégier l'organisation de cours en présentiel. Les étudiants et les syndicats l'avaient bien compris. Ces mesures étaient par ailleurs conditionnées à l'évolution de la situation sanitaire. Fin juin, le vice-recteur et le conseiller aux affaires étudiantes ont rencontré les présidents des différents cercles afin d'évoquer la question des bleusailles. Ceux-ci étaient libres d'organiser celles-ci en dehors de l'Université, de ses campus et de ses bâtiments mais ils ont fait preuve de bon sens et ont bien compris l'intérêt de ne pas créer de situations propices à la contamination. Si la situation évolue positivement, une organisation de la bleusaille dans le courant du deuxième quadrimestre pourra toujours être envisagée."