L‘unité de Protection civile de Ghlin fermera ses portes dans une semaine.

Le lieutenant-colonel Patrick Broeckx vit actuellement ses dernières heures à la tête de la Protection civile de Ghlin. Suite à la réforme du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), l’unité hennuyère est supprimée. Et ce dès le 1 er janvier 2019. La seule unité wallonne sera celle de Crisnée, en province de Liège. C’est là qu’ira Patrick Broeck.

M. Broeckx, quelle est l’ambiance à la caserne ?

C’est difficile. La motivation n’y est plus. Mais nous continuons jusqu’au bout.

Il y aura un pincement au cœur la semaine prochaine ?

Oui. Mais je connais aussi tout le monde à Crisnée. J’y ai d’ailleurs déjà travaillé par le passé.

Quel poste allez-vous reprendre à Crisnée ?

Je vais diriger le département Search and Rescue. Ce sont les missions de plongée, de sauvetage en eau vive, de spéléologie mais aussi d’intervention en cas d’explosion, de tremblement de terre ou encore les désincarcérations lourdes.

Vous n’êtes pas le seul à rejoindre Crisnée. Combien vous suivent ?

Je ne sais pas trop pour être honnête. Les chiffres ne sont pas encore définitifs alors que nous y sommes presque. Ce que je sais, c’est que nous serons 155 personnes à Crisnée. Alors que nous étions au total 280 agents sur l’ensemble des trois unités wallonnes (Ghlin, Libramont et Crisnée). Par souci d’équité, tout le monde a dû repasser un examen. Moi également.

Beaucoup sont donc encore dans le flou total.

Oui. Après les examens, certains ont été classés mais non retenus. Ils constituent une réserve de recrutement jusqu’au 31 décembre. Mais cet état ne tiendra plus après. Ça reste très flou pour tout le monde. Ça devrait se régulariser durant le mois de janvier.

Certains agents ont décidé de démissionner ?

Oui. Certains ont décidé de ne pas passer les examens et trouvent que Crisnée est trop loin. Ils trouvent ça intenable pour leur qualité de vie. Une vingtaine de personnes vont par exemple profiter que quelques postes se soient ouverts à la zone de secours Hainaut-Centre ou au centre 1733.

Que deviendront le matériel et les véhicules de la caserne ?

Nous faisons actuellement un tri. L’unité de Crisnée est plus petite qu’ici donc nos 120 véhicules n’iront pas là-bas. Les véhicules de première importance iront à Crisnée. Les plus anciens seront déclassés et les autres iront à l’unité de Brasschaat où il existe un dépôt. Quant aux bâtiments, ils appartiennent à l’État et seront gérés par la régie des bâtiments dès que le ministère de l’Intérieur aura tout vidé.

Au fil des années, avez-vous ressenti une évolution du métier ?

Non, pas vraiment. J’ai commencé en 1986. Hormis les véhicules et le matériel qui évoluent, les missions n’ont pas vraiment changé. Mais nous sommes plus pointus au niveau des missions de secours et de recherche.

Ce métier a donc encore un bel avenir malgré les réductions d’effectifs ?

Oui, il a encore de l’avenir. C’est un peu comme le métier de croque-mort… Malheureusement, on vit de la misère des autres. Et il y en aura toujours.

Une cérémonie d'adieu

GHLIN Pour marquer symboliquement la fin de la Protection civile de Ghlin dans sept jours, les syndicats ont décidé d’organiser une cérémonie. Un faire-part de décès a même été créé. "Un centre de secours qui ferme, c’est une atteinte à la sécurité de la population. Tous les collègues, professionnels et volontaires, de la Protection civile qui ont assuré des centaines de missions de sécurité au service notamment de la population du Hainaut ont l’immense tristesse de vous faire part de la fermeture de la caserne de la Protection civile de Ghlin (1954 - 2018) injustement sacrifiée par le ministre Jambon avec la complicité de ses collègues du gouvernement fédéral. Un dernier hommage pourra lui être rendu le samedi 29 décembre à 10 h lors d’une ultime démonstration."