Mons

Depuis la présentation de son projet en janvier, la société était restée particulièrement discrète.

Ils étaient restés particulièrement discrets jusqu’ici. Trop, diront certains. Mais ce vendredi, les dirigeants de la société Clarebout Potatoes sont sortis du silence. Non pas pour défendre coûte que coûte leur projet de construction d’usine à frites à Frameries, mais annonce qu’ils comprenaient les inquiétudes exprimées depuis ce début d’année par de nombreux riverains.

« Nous comprenons les craintes, le fait que les citoyens aient de nombreuses questions. Il s’agit d’un très gros projet », affirme Jan Poté. « Nous sommes actuellement occupés à examiner de manière détaillée la meilleure façon de répondre à ces inquiétudes. Nous sommes convaincus qu’en utilisant les technologies les plus modernes, nous pourrons palier aux nuisances liées aux odeurs et au bruit. Mais examiner tout cela prend du temps car c’est très technique. »

L’entreprise promet une communication d’ici peu. « Nous n’avons pas pour habitude de communiquer s’il n’y a rien à dire. C’est pour cette raison que nous sommes restés très discrets. De notre côté, nous travaillons. Dès que nous aurons du concret, nous communiquerons très largement. L’emploi, l’utilisation de l’huile de palme ou d’ammoniac, pourquoi Frameries est l’endroit idéal selon nous,… Ces interrogations trouveront réponses très prochainement. »

Pour Jan Poté, il est important de mettre en avant le côté familial de l’entreprise. « Nous ne sommes une multinationale qui délocalisera d’ici quelques années. Nous avons la volonté de nous ancrer durablement en Hainaut. Et nous savons que pour y parvenir, nous avons besoin d’une collaboration positive avec toutes les parties. Nous étendre à Frameries n’est pas une décision prise à la légère. Nous prendrons nos responsabilités. »

Et de conclure : « Jusqu’ici, nous avons déjà reçu quelque 500 CV de personnes de Frameries ou d’ailleurs. L’intérêt est donc manifeste. Nous avons aussi été contactés par de très nombreux agriculteurs qui s’intéressent à notre projet. Certains souhaitent même délaissés une activité (la culture de betterave par exemple) au profit de la pomme de terre. » Rappelons qu’à termes, Clarebout promet la création de 300 à 500 emplois.

Récompensée pour sa croissance (chiffre d’affaire et emplois créés en Hainaut) lors des Trends-Tendances Gazelle 2019, la société sait que le chemin sera long… Et semé d’embuche. Du côté des autorités locales en effet, plus personne ne semble vouloir de ce projet faramineux. Mais la direction reste confiante. « Chacun joue son rôle. Le nôtre, c’est d’apporter des réponses aux questions, pas de commenter les raisons pour lesquelles l’un ou l’autre a changé d’avis. »