C’est une première épine hors du pied. Le ministre des pouvoirs locaux, Christophe Collignon (PS), a validé le recours introduit par la commune de Frameries dans le cadre de la demande de modification du plan de secteur du périmètre Donaire, convoité par le groupe Clarebout pour la construction d’une usine de produits surgelés. Ce recours avait pour objectif de s’opposer à l’avis négatif rendu il y a quelques mois par l’intercommunale IDEA, alors que les résultats du vote intervenu au conseil d’administration étaient nébuleux.

"C’est une très bonne nouvelle pour la commune, d’une part parce que le ministre nous a prouvé, par sa décision, que nous avions raison d’introduire ce recours et, d’autre part, parce que le poids de l’intercommunale dans ce dossier n’est pas à prendre à la légère", souligne Jean-Marc Dupont (PS), bourgmestre de Frameries. "L’avis rendu par l’intercommunale, propriétaire du site et en charge du développement économique de la région, ne pourra pas être pris en compte, alors qu’il allait à l’encontre de la volonté communale."

Pour rappel, en mai dernier, le conseil d’administration de l’IDEA était invité à voter la modification du plan de secteur du périmètre Donaire, demandé par la commune de Frameries afin d’empêcher les industries lourdes – et donc notamment Clarebout – de s’y implanter. Le vote s’était soldé par 13 abstentions tandis que six administrateurs avaient suivi l’avis de l’intercommunale, voté "pour" et ainsi refusé la modification du plan de secteur.

Cette dernière avait considéré que "au vu du résultat du vote, qui ne comprend aucun vote négatif", les services pouvaient adresser cet avis technique à la commune. C’est cette décision qui a été contestée à l’unanimité par le conseil communal de Frameries et qui a fait l’objet d’un recours, désormais tranché par le ministre compétent. "La balle est désormais dans le camp du ministre Borsus, qui attendait que son collègue se prononce sur ce point."

En effet, le ministre Willy Borsus (MR), en charge de l’urbanisme, a un rôle important à jouer dans ce dossier. "Il va désormais pouvoir se rendre sur le terrain, comme nous l’avons invité à le faire à plusieurs reprises", complète Florence Defourny, porte-parole du comité de riverains La Nature sans Friture. "Il souhaitait attendre la réponse de son homologue avant de nous rendre visite. Nous attendons désormais la confirmation d’une date."

Plus que jamais, le comité de riverains a l’envie de croire en la possibilité de s’opposer à l’installation du groupe Clarebout.