Mons

Un collectif a été mis sur pied pour informer les riverains du projet et s'y opposer

Implantée à Frameries depuis 2016, Clarebout Potatoes souhaite s’étendre davantage via l’aménagement d’un congélateur/centre de logistique de produits finis à côté des deux centres de stockage existant mais surtout, via la construction d’une unité de production de frites. Le projet, présenté officiellement à la mi-janvier, doit permettre la création de300 à 500 emplois sur 10 à 15 ans.

Les perspectives sont là mais pour de nombreux riverains, cet argument de l’emploi n’est que poudre aux yeux. Aujourd’hui, la mobilisation s’organise pour s’opposer à ce vaste projet. « J’habite à 100 mètres du zoning. Je m’étais renseigné sur la nature du zoning et je pouvais m’attendre à l’installation de bureaux tout au mieux. Jamais je n’aurais pu imaginer pareil projet… », regrette Sandy Rousseau.

Ce dernier n’est pas le seul à faire part de son dépit. Un collectif a d’ailleurs été constitué pour préparer la défense. « Les habitants de Frameries ne sont pas les seuls à être concernés, ceux de Cuesmes, Genly, Aulnois, Jemappes ou encore Pâturages seront également impactés. Ils subiront les nuisances sonores et olfactives, le charroi,… L’impact sur l’environnement est important et désastreux. »

Dans un premier temps, le collectif souhaite médiatiser le projet. « Nous nous rendons compte que beaucoup de citoyens ne sont pas au courant ou ne sont pas conscients de l’impact que cette usine aura sur leur qualité de vie. Nous voulons les informer et les pousser à nous rejoindre. L’argument de l’emploi ne tient pas la route : nous sommes plusieurs à avoir été visité les sites existants, à Warneton notamment, où il y a environ 75% de travailleurs français et 10% de néerlandophones… »

Et d’ajouter : « Si l’emploi avait véritablement été un argument de poids, les autorités communales en auraient fait un écho durant leur campagne électorale. Mais cela n’a pas été le cas. Pourtant, le projet était déjà connu. Nous ne pouvons qu’être déçus et en colère face à cette attitude. Nous savons que notre marge de manœuvre est limitée mais nous sommes prêts à introduire tous les recours nécessaires.»

Pour l’heure, le processus suit son cours. L’étude d’incidence est lancée et sera suivie d’une enquête publique. Les communes impactées devront rendre un avis favorable ou défavorable mais c’est bien la Région wallonne qui tranchera. Une action citoyenne est par ailleurs prévue aux prochains conseils communaux de Mons et de Frameries.