Dans un futur proche, un nouveau centre de formation devrait sortir de terre à Jemappes. Il permettra de former travailleurs, étudiants et demandeurs d'emploi à l'utilisation de nouveaux matériaux dans la construction. Axé sur la transition écologique, le projet bénéficie d'un subside de 30 millions d'euros dans le cadre du plan concocté par la Région wallonne et validé par l'Union européenne. Mais à en croire le PS à Mons, ce n'est pas avec le soutien du MR et plus singulièrement de son président Georges-Louis Bouchez que le projet va pouvoir se concrétiser.

Le bourgmestre Nicolas Martin accuse en effet le chef de file de Mons en Mieux de torpiller les dossiers montois auprès de la tutelle wallonne. D'ailleurs, le futur centre de formation de Jemappes ne serait pas le seul projet à avoir pâti des manigances libérales. "Il y a une stratégie du MR qui vise à étrangler la Ville en empêchant les projets de se développer", fustige Nicolas Martin. "Le ministre Borsus a tout fait pour empêcher le centre de formation de Jemappes. Idem pour le bus à haut niveau de service. Le dossier de l'Aedec à Hyon a pris beaucoup de retard, car il est longtemps resté bloqué par la ministre De Bue. Le MR s'est aussi opposé au chantier de la N50 dans le cadre du Plan Infrastructures. C'est le ministre Ecolo Henry et le ministre-président Di Rupo qui ont dû monter au créneau pour faire avancer le dossier."

Pour l'échevine des Finances, l'attitude du conseiller d'opposition est plutôt déconcertante. "Alors que Georges-Louis Bouchez réclame haut et fort de la formation pour Jemappes, il s'oppose au projet qui a été retenu dans le plan de relance", soupire Mélanie Ouali. "C'est assez frustrant, il dit tout et son contraire. Il nous demande d'avancer sur certains thèmes tout en nous bloquant sur des dossiers qui s'y rapportent."

Mais ces accusations laissent de marbre le président du MR, chef de file de Mons en Mieux. "Ça n'a aucun sens. Le problème, c'est que ces dossiers ne sont pas bien montés et le collège essaie de rejeter la faute sur les autres", réagit Georges-Louis Bouchez. "Moi, je veux pouvoir défendre de bons dossiers pour Mons. Mais je suis déçu par la manière dont on utilise les subsides wallons et européens. Par exemple, à quoi va servir un bus à haut niveau de service sur la N51 et pour lequel on va dépenser 40 millions d'euros? Quel impact sur l'emploi qui doit être une priorité dans notre région? Je préfèrerais qu'on se concentre sur des projets comme le Parc Initialis ou qu'on accompagne les entreprises pour la recherche et le développement industriel."

Du côté du collège montois, on cite en exemple le patriotisme liégeois. Là-bas, les formations politiques ont pour habitude de faire corps pour défendre leurs dossiers. PS et MR siègent ensemble dans la majorité, ce qui facilite les choses évidemment. Mais au-delà de ça, il y a pour Nicolas Martin et Mélanie Ouali une réelle solidarité autour des intérêts locaux qui dépasse les clivages politiques. De son côté, Georges-Louis Bouchez a déjà appelé plusieurs fois à former une union sacrée pour relever les grands défis qui se posent à Mons-Borinage. De part et d'autre donc, une volonté affichée d'avancer dans l'intérêt de la région et de ses habitants. Mais tant que les violons sonnent aussi faux, difficile d'imaginer comment majorité et opposition pourraient porter ensemble de grands dossiers. Difficile d'imagine aussi comment ces violons pourraient mieux s'accorder durant la seconde moitié de la mandature. Les prises de bec sont déjà courantes, l'échéance du prochain scrutin ne va certainement pas apaiser les choses.